Hammam d’Al-Turaïf
Le hammam d’Al-Turaïf est un ancien bain de vapeur, aujourd’hui assimilé à une « sauna », situé à Diriyah, au nord-ouest de la ville de Riyad, en Arabie saoudite. Il a été construit au XVIIᵉsiècle, à une époque où Diriyah était la capitale du Premier État saoudien.
Découverte du hammam d’Al-Turaïf
La Direction générale des Antiquités et des Musées, alors rattachée au ministère du Savoir (actuellement le ministère de l’Éducation), a mis au jour le hammam d’Al-Turaïf sur un site dominant une petite vallée située au sud du quartier de Turaif. Cette zone constituait un quartier résidentiel réservé aux imams et aux princes de la famille Al Saoud durant la période du Premier État saoudien, au début du règne de l’imam Saud bin Abdulaziz bin Mohammed bin Saud, troisième imam de cet État.
Le quartier d’Al-Turaïf avait été conçu pour accueillir des unités résidentielles destinées aux hôtes de l’État, venus de l’intérieur comme de l’extérieur de l’Arabie saoudite, dans un objectif de propreté, de vitalité et de bien-être. La conception du hammam s’inspire de l’architecture des bains islamiques et orientaux, en particulier ceux du Levant, eux-mêmes influencés par les traditions architecturales grecques et romaines.
Éléments du hammam d’Al-Turaïf
Le hammam d’Al-Turaïf se compose de salles de plan carré, aux murs et aux sols lisses, reliées entre elles par des terrasses et des couloirs. Les espaces sont organisés de manière progressive, allant des salles froides aux salles tièdes, puis chaudes, afin de permettre aux usagers de passer d’une température à une autre sans inconfort ni risque pour la santé.
La salle chaude constitue l’élément central du hammam. Elle est couverte d’une coupole et chauffée par un foyer muni de trois arcs. C’est dans cet espace que les baigneurs profitent des bains de vapeur, des massages et des moments de détente, exposés à une vapeur produite par l’eau chauffée sur un feu de bois. Une chaleur supplémentaire est diffusée par des conduits en terre cuite qui évacuent la fumée du bois brûlé vers l’extérieur, sous la coupole. Le hammam comprend également une salle de déshabillage, équipée de compartiments destinés au rangement des effets personnels, où les baigneurs peuvent s’asseoir et permettre à leur corps de s’adapter progressivement à la température extérieure.
Cour du hammam d’Al-Turaïf
À l’entrée du hammam d’Al-Turaïf s’étend une cour ouverte d’une superficie d’environ mille mètres carrés, entourée d’un mur d’une hauteur de quatre mètres. Sur le côté est de cette cour se trouve une porte menant à l’entrée principale, commune au hammam et à ses espaces annexes. Un petit bassin en pierre, situé à l’ouest du réservoir principal d’eau, était réservé au lavage des vêtements des baigneurs.
Puits du hammam d’Al-Turaïf
Le hammam d’Al-Turaïf est alimenté en eau par un réservoir situé à l’extérieur du bâtiment, lui-même approvisionné à partir d’un puits creusé au fond de la vallée. Ce puits est doté d’une ouverture de forme ovale permettant d’acheminer l’eau vers le hammam et ses espaces annexes. Le transport s’effectuait à l’aide d’animaux, par un chemin pavé taillé dans la roche naturelle sur le versant nord du plateau, reliant le puits à l’entrée occidentale du hammam. L’eau circulait ensuite à travers des canaux creusés dans la roche, profitant de la pente naturelle du terrain, pour être dirigée du nord vers le sud jusqu’aux sols du hammam et à ses salles associées, assurant ainsi un approvisionnement régulier en eau.
Sources
Le hammam d’Al-Turaïf et ses annexes : quartier de Turaif – Diriyah. Zuhair Kamel Yassin.
La société de Diriyah à l’époque du Premier État saoudien. Abdullah Mohammed Al-Mutawa, 2003.
Aperçu historique de Diriyah : capitale du Premier État saoudien. Ramez bin Yaqoub al-Rashid al-Dughther, 2023.
Les témoignages archéologiques et historiques en Arabie saoudite. Mohammed bin Saud bin Sandah Al-Hamoud, 1994