Qualité de vie au Premier État saoudien
La qualité de vie au Premier État saoudien désigne l’ensemble des composantes culturelles et civilisationnelles qui ont contribué à l’amélioration des conditions de vie de la communauté de cette période. Fondé par l’imam Mohammed Bin Saud en 1727, le Premier État saoudien s’est étendu de 1727 à 1818 et avait pour capitale Diriyah.
Éléments de la qualité de vie au Premier État saoudien
À l’époque du Premier État saoudien, Diriyah reflétait, par ses caractéristiques, ce que l’on peut aujourd’hui qualifier de qualité de vie, reposant sur plusieurs éléments culturels et civilisationnels ayant favorisé son développement et sa prospérité, notamment :
Renaissance architecturale au Premier État saoudien
La renaissance architecturale constituait l’un des éléments majeurs de la qualité de vie à Diriyah, choisie comme capitale du Premier État saoudien. Cette désignation entraîna une augmentation du nombre de visiteurs, contribuant progressivement à la structuration de la société. L’accroissement démographique imposa le déplacement du centre urbain du quartier de Ghasiba vers celui de Samhan, avant son transfert au quartier d’Al-Turaïf, où se trouvaient le siège du pouvoir et les résidences de la famille régnante Al Saoud.Cette évolution participa à l’essor du quartier d’Al-Turaïf, et à son développement architectural, marqué par la construction d’habitations, de palais, de mosquées et d’enceintes fortifiées.
Parmi les principaux éléments de cette renaissance figurent le palais de Salwa, siège du gouvernement du Premier État saoudien, le palais de l’imam Abdullah Bin Saud Bin Abdulaziz, ainsi que les palais de plusieurs princes, tels que le prince Saad Bin Saud Bin Abdulaziz, le prince Omar Bin Saud Bin Abdulaziz et le prince Mishari Bin Saud Bin Mohammed. Ces palais, construits en terre crue, se distinguaient par des hauteurs et des formes architecturales variées, reflétant le style architectural propre au Najd.
Diversité des activités au sein de la communauté du Premier État saoudien
L’expansion du Premier État saoudien contribua à la diversification et à l’élargissement de la communauté de Diriyah, dont le nombre d’habitations atteignit environ soixante-dix maisons. La majorité de ses habitants exerçaient des activités agricoles, les agriculteurs et leurs familles constituant l’essentiel de la population.
Culture et éducation au Premier État saoudien
Dès sa fondation, le Premier État saoudien accorda une attention particulière à la culture et à l’éducation. Il veilla à l’enseignement de la lecture et de l’écriture, ainsi que d’autres disciplines. L’État s’attacha également à faciliter les conditions de vie des étudiants, notamment en matière de logement et de subsistance, en construisant des édifices dédiés à l’enseignement et à l’hébergement, grâce aux ressources du trésor public ou aux fondations pieuses (waqf). Parmi ces fondations figure celle de Modhi Bint Sultan Bin Abi Wahtan, située dans le quartier d’Al-Turaïf, consacrée par le deuxième imam du Premier État saoudien, l’imam Abdulaziz Bin Mohammed Al Saud, en hommage à sa mère. Cette fondation offrait un hébergement gratuit aux étudiants et aux visiteurs de Diriyah et comprenait des salles d’enseignement, des chambres, des espaces de restauration, des entrepôts, une mosquée ainsi que des écuries.
Parmi les éléments de la culture et de l’éducation à Diriyah figurait la mosquée d’Al-Turaïf, située à proximité du palais de Salwa, dans la partie nord du quartier d’Al-Turaïf. Les imams de l’État y prononçaient le sermon à l’intention des fidèles. La mosquée était également dédiée à la tenue de cercles d’enseignement et à la dispensation de cours en sciences de la charia. Elle a connu le développement de la fabrication du papier, de la copie des ouvrages, de la rédaction et de l’enluminure des manuscrits, ainsi que de la calligraphie arabe. Les autorités et les acteurs concernés contribuèrent en outre à la diffusion des katatib, espaces consacrés à l’apprentissage des bases de la lecture et de l’écriture, à l’enseignement et à l’étude du Noble Coran, des sciences religieuses islamiques et de la langue arabe. Des copistes et scribes étaient présents dans les mosquées, à leurs abords ou au domicile de l’enseignant.
Essor économique et commercial du Premier État saoudien
À l’époque du Premier État saoudien, l’économie de Diriyah connut une période de prospérité notable. Le tissu urbain de la ville s’étendit, et Diriyah s’imposa comme un centre commercial de premier plan. Cet essor contribua à transformer la région en un pôle d’attraction démographique, tandis que les affaires de l’État étaient administrées depuis le quartier d’Al-Turaïf.
Le développement des activités commerciales à Diriyah s’explique notamment par l’existence du Souq al-Mawsim, un marché dont les échoppes s’étendaient de part et d’autre de Wadi Hanifah, bordé à l’ouest par le quartier d’Al-Turaïf et à l’est par le quartier d’Al-Bujairi. Ce marché ne se limitait pas aux échanges commerciaux : il constituait également un espace dédié à l’enseignement. L’imam Saud Bin Abdulaziz y tenait en effet une leçon quotidienne à l’aube, au cours de laquelle il instruisait les habitants de Diriyah.
Les imams du Premier État saoudien jouèrent un rôle déterminant dans la renaissance et le développement du commerce. Le fondateur de l’État, l’imam Mohammed Bin Saud, contribua à assurer la sécurité et la stabilité de Diriyah, ce qui en fit un point de passage privilégié pour les caravanes commerciales en provenance de différentes régions, venues y écouler leurs marchandises.
Sous le règne du deuxième imam, Abdulaziz Bin Mohammed Bin Saud, le commerce connut une phase d’expansion marquée par l’importation de biens provenant de plusieurs régions. Durant le règne du troisième imam, Saud Bin Abdulaziz Bin Mohammed, l’influence de l’État s’étendit davantage, tandis que la sécurité et la prospérité se renforçaient. Les ressources augmentèrent et l’économie se diversifia. L’imam Saud envoya environ soixante-dix agents dans le désert afin de collecter la zakat auprès des tribus bédouines, et désigna des responsables chargés de la récolte des fruits dans les territoires placés sous son autorité.
Parmi les facteurs ayant favorisé la prospérité et le développement économique de Diriyah figurent également la construction de palais et d’équipements destinés à l’accueil. Un palais fut édifié dans le quartier d’Al-Turaïf, connu sous le nom de Qasr al-Diyafah, spécialement aménagé pour héberger les hôtes de l’État et les délégations venues de diverses régions. Par ailleurs, le Hammam d’Al-Turaïf, fut construit sur le flanc nord-ouest du quartier. Ce bain public était destiné à servir les invités de l’État et comprenait plusieurs installations, dont des terrasses dédiées au repos, un bassin d’eau froide pour les ablutions, ainsi qu’une salle réservée au changement de vêtements.
Sources
-La qualité de vie au Premier État saoudien : Diriyah, la capitale, comme modèle, Badran Bin Abdulrahman al-Honaihen, Fondation du Roi Abdelaziz pour la recherche et les archives (Darah).
– Aperçu historique de Diriyah, capitale du Premier État saoudien, Ramez al-Daghithir