Mohsen al-Hazani
Mohsen Othman al-Hazani (1733-1824),est un poète saoudien ayant vécu à l’époque du premier État saoudien. Il exerça la fonction de gouverneur d’al-Hariq avant de s’en démettre pour se consacrer pleinement à la littérature et à la poésie. Il est reconnu pour avoir introduit les mètres du samri dans la poésie traditionnelle et pour avoir intégré le système à double rime dans la poésie dialectale.
Vie de Mohsen al-Hazani
Mohsen al-Hazani est né dans la ville d’al-Hariq et a grandi au sein d’une famille dirigeante, la sienne ayant gouverné l’émirat d’al-Hariq depuis sa fondation. Il acquit les bases de la lecture et de l’écriture dans les écoles coraniques traditionnelles (kuttabs) et se distingua par sa solide maîtrise de la poésie arabe classique, notamment des Mu’allaqat et de la poésie d’al-Mutanabbi, influence perceptible dans sa propre production poétique. À la suite du décès de son frère Hamad en 1752, il assuma l’émirat d’al-Hariq, fonction qu’il n’occupa que deux années avant de la céder à son oncle Abdullah bin Rashid al-Hazani afin de se consacrer à la littérature et à la poésie. Mohsen al-Hazani était le deuxième enfant de sa fratrie. Il s’est marié et a eu un fils, prénommé « Saif ».
Poésie de Mohsen al-Hazani
La poésie de Mohsen Othman al-Hazani se distingue par des innovations formelles majeures dans la poésie dialectale. Il introduisit le système à double rime, rompant ainsi avec le mètre hilalien traditionnel, fondé sur une rime unique selon l’usage des Banû Hilâl. À sa place, il instaura le mètre mashoob, caractérisé par deux rimes obligatoires, qui fut largement adopté par les poètes après lui.
Il introduisit également la structure du muroba’, dans laquelle chaque poème se compose de vers à quatre hémistiches. Cette forme était inconnue avant lui et fut reprise par de nombreux poètes ultérieurs. Sa poésie recourt abondamment aux procédés rhétoriques et figuratifs, et aborde des thèmes variés, allant de l’amour et de la description à l’enthousiasme, au sentiment patriotique et à la poésie religieuse, notamment la repentance et la demande de la miséricorde divine. Il invoquait fréquemment la pluie et l’arrivée des averses, tandis que l’éloge restait peu présent dans son œuvre. Dans ses poèmes, Mohsen al-Hazani opérait un mélange entre l’arabe dialectal et l’arabe classique, intégrant souvent des vers de la poésie savante à ses compositions.
Il entretenait par ailleurs des relations étroites avec les figures notables et les poètes de son époque, donnant lieu à des échanges littéraires, des joutes poétiques et des correspondances avec des poètes d’al-Ahsa et d’autres régions. Dans ces échanges, il recourait parfois à un procédé symbolique consistant à représenter son nom et celui de son interlocuteur au moyen de lettres fragmentées de l’alphabet.
À titre d’exemple, Mohsen al-Hazani utilisait des lettres de l’alphabet pour symboliser les noms dans ses échanges poétiques, comme dans des compositions fondées sur les lettres mim, ha’, sin et nun, accompagnées d’une signification implicite attribuée par le poète. Il recourait également à des combinaisons telles que mim, ha’, mim et dal, illustrant des messages poétiques adressés à des destinataires précis, notamment dans des vers à portée allusive.
Des échanges et rivalités poétiques eurent lieu entre lui et Hassan bin Haza'a, ainsi qu’entre lui et Sardah bin Haza'a, de même qu’avec les poètes Saad al-Mulaihi et Suleiman bin Aflaq, tous originaires d’al-Ahsa. Ces interactions prenaient la forme de correspondances poétiques et de dialogues littéraires, témoignant de la vitalité des cercles poétiques de son époque.
Décès de Mohsen al-Hazani
Mohsen al-Hazani est décédé à al-Hariq à l’âge de quatre-vingt-quinze ans.
Sources
Le poète Mohsen al-Hazani : sa lignée, sa patrie, sa vie et sa poésie, par Turki bin Saud al-Hazani, 2007.