Fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien


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21/01/2026

Les fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien désignent l’ensemble des ouvrages militaires défensifs édifiés par l’État autour de sa capitale, Diriyah, au cours de la période comprise entre 1727 et 1818. 

Histoire des fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien

Avant d’être choisie comme capitale du Premier État saoudien, Diriyah était déjà une localité fortifiée, à l’instar des autres villes de son époque. Ses dispositifs défensifs se présentaient alors sous une forme simple, se limitant principalement à l’enceinte de certaines exploitations agricoles privées afin de les protéger contre les attaques. La ville ne disposait pas d’un rempart général l’entourant de toutes parts. Au début du Premier État saoudien, les fortifications défensives de Diriyah connurent peu d’évolutions, en raison du manque de ressources humaines et matérielles. 

Avec l’amélioration des capacités financières de l’État, les dirigeants de Diriyah entreprirent la construction de nouvelles fortifications destinées à assurer sa protection. L’initiative de fortifier la ville revint à l’Imam Abdulaziz bin Mohammad, durant le règne de son père, l’Imam Mohammad bin Saud, fondateur du Premier État saoudien. En 1758, il ordonna l’édification de deux enceintes renforcées par des tours autour de Diriyah, parallèlement à la fortification des villes placées sous leur autorité. Avec le développement urbain de Diriyah et l’accroissement de sa population, la ville s’imposa progressivement comme un centre politique, économique et religieux majeur de la région, ce qui entraîna la construction de fortifications solides destinées à protéger ses biens, ses marchés et à la prémunir contre toute attaque.  

Les fortifications de Diriyah firent l’objet de plusieurs transformations sur une période d’environ un siècle et demi, sous l’effet de divers facteurs. Parmi ceux-ci figuraient les crues destructrices ayant endommagé certaines constructions, la volonté des dirigeants de renouveler les dispositifs défensifs après avoir observé les fortifications dans des régions extérieures au Najd, ainsi que l’arrivée à Diriyah d’architectes provenant d’autres zones, à la suite de son établissement en tant que capitale du Premier État saoudien. En 1818, alors que l’État se préparait à faire face à des attaques militaires, l’Imam Abdullah bin Saud mit en œuvre plusieurs mesures destinées à renforcer la défense de Diriyah. Les tours et les remparts existants se révélant insuffisants face à des forces ennemies dotées d’armes modernes, de nouvelles fortifications militaires furent construites, parallèlement au renforcement et à la consolidation des ouvrages déjà en place. Une attention particulière fut accordée aux zones stratégiques, notamment le secteur du palais du pouvoir, tandis que l’ensemble des fortifications de Diriyah fut modernisé afin de s’adapter à l’usage des armes à feu.  

Parmi les travaux de rénovation et de modification entrepris à cette époque figuraient l’élargissement des tours et l’élévation de leurs soubassements afin de permettre l’installation de l’artillerie. De nouveaux éléments furent également introduits dans l’architecture militaire de Diriyah, tels que des rampes facilitant l’acheminement des canons jusqu’aux bases des tours surélevées. En outre, des passages destinés aux soldats furent aménagés à l’intérieur des remparts, et des structures d’environ deux mètres et demi de hauteur furent ajoutées aux parties inférieures des murs, afin d’en accroître l’épaisseur et la capacité défensive.

Limites des fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien

L’étendue historique de Diriyah, avec ses fortifications et ses remparts, s’étend depuis Al-Malqa, au nord, et englobe Al-Alab, Rahabah ainsi que les terrasses méridionales de la vallée le long de son cours. Elle comprend des localités, des zones d’habitat ancien et des quartiers historiques tels que Ghusaybah, Al-Dhahrat, Al-Dhuwayhirah, Al-Bujairi, Samhan, Al-Turaif, Al-Mulaybid, Al-Batin, la localité d’Irqah et Al-Badi'ah. Cet ensemble inclut également les zones internes des fortifications orientales de Diriyah, qui regroupent des quartiers anciens et plus récents situés sur le versant est de la vallée, ainsi que les zones internes des fortifications occidentales de la vallée, en plus des extensions urbaines modernes implantées à l’extérieur des fortifications occidentales. L’aire géographique s’étend en outre depuis les secteurs septentrionaux d’Al-Alab et d’Al-Ruqayyah, sur le versant occidental, jusqu’à Al-Sarihah et la zone basse formant le versant oriental du quartier d’Al-Turaif. Ces espaces sont reliés aux terrasses de la vallée et à ses affluents occidentaux, représentés par les exploitations agricoles situées à l’est d’Al-Turaif et au sud-est de celui-ci, ainsi que par les zones occidentales des affluents et ramifications de la vallée. 

Importance des fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien

Durant la période du Premier État saoudien, Diriyah était réputée pour la solidité de ses ouvrages défensifs, comprenant des remparts, des tours et d’autres structures militaires. Ces fortifications constituaient un modèle remarquable d’architecture militaire, tant à Diriyah en particulier que dans la région du Najd et, plus largement, dans l’ensemble de la péninsule Arabique. Leur importance résidait dans leur état de préparation permanent pour la défense de la ville en période de conflit, assurant sa protection contre les attaques extérieures et les affrontements locaux.  

Caractéristiques des fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien

Les fortifications de Diriyah variaient selon les secteurs où elles étaient implantées ou qu’elles dominaient. Les habitants du Najd choisissaient l’emplacement des ouvrages défensifs en fonction des zones susceptibles de constituer une menace pour la ville, en tirant pleinement parti du relief naturel. Ils exploitaient notamment les plateaux élevés situés aux abords de l’agglomération pour y édifier des remparts et des tours, assurant ainsi la protection des zones urbaines surplombées par ces hauteurs. Les techniques de construction différaient également en fonction des exigences militaires : dans certains secteurs, les murailles étaient élevées afin de renforcer la capacité défensive, tandis que dans d’autres, leur largeur était accrue pour permettre la circulation et le déploiement de l’infanterie. Les habitants du Najd distinguaient par ailleurs les tours intégrées aux remparts, qui jouaient un rôle de soutien et de défense, des tours isolées, essentielles pour la surveillance des axes de circulation et leur protection. En outre, les populations de Diriyah associaient les fonctions défensives des murs et des tours à des usages environnementaux, les utilisant comme dispositifs de retenue ou de dérivation des eaux, afin de réguler l’excédent d’irrigation ou de détourner les crues, en particulier dans les zones agricoles. 

Matériaux de construction des fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien

Pour l’édification des remparts et des tours défensives de Diriyah, les habitants du Najd recouraient principalement à des matériaux issus de l’environnement naturel local et facilement accessibles, évitant ceux qui étaient difficiles à se procurer. Les principaux matériaux utilisés comprenaient le calcaire extrait des montagnes ou des plateaux ; les kharaz (ou hujul), blocs de pierre de forme cylindrique ; les shiqas (ou mishqas), petites pierres d’environ la taille de la paume de la main ; l’argile prélevée dans les terres agricoles ; la brique crue (libn), composée d’argile mêlée de paille ; le plâtre (gypse) obtenu par la cuisson du calcaire ; ainsi que le bois provenant des palmiers, des arbres athel ou des jujubiers (sidr). 

Éléments des fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien

Les fortifications de Diriyah durant le Premier État saoudien reposaient sur plusieurs éléments principaux, parmi lesquels se distinguaient notamment les murs et les tours.

- Murs: Il s’agissait de barrières défensives édifiées afin de repousser les attaques ennemies. Elles intégraient des tours défensives, des chemins de ronde destinés aux fantassins, ainsi que des ouvertures permettant le tir et la surveillance. Le rempart de Diriyah s’étendait depuis le côté nord jusqu’à la partie sud-est du Wadi Hanifah, et depuis le flanc sud-ouest en direction du nord-ouest le long du plateau occidental de la vallée. Il était divisé en six sections : le mur nord-est, le mur est, le mur sud-est, le mur nord-ouest, le mur ouest et le mur sud-ouest.

 - Tours: Les tours constituaient des ouvrages militaires défensifs essentiels, construits à des fins de défense, de surveillance ou pour combiner ces deux fonctions. Les tours de Diriyah connurent plusieurs phases d’évolution et furent édifiées à différentes périodes. Le nombre de tours adossées aux remparts atteignit soixante-deux tours défensives, réparties, selon leur localisation géographique, en six ensembles : les tours du nord-est, de l’est, du sud-est, du sud-ouest, de l’ouest et du nord-ouest.    

Sources


Les fortifications défensives extérieures de Diriyah durant le Premier État saoudien, Suliman Al-Shehri, 2018.

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