Instruments d’écriture durant le Premier État saoudien
Les instruments d’écriture durant le Premier État saoudien désignent les outils utilisés pour l’écriture avant et pendant la fondation de cet État. Dans la région du Najd, berceau du Premier État saoudien, les instruments d’écriture étaient comparables à ceux employés aux débuts de la pratique de l’écriture chez l’être humain.Les outils traditionnels utilisés dans le Najd étaient fabriqués à partir de matières premières disponibles dans l’environnement local. Il s’agissait d’instruments simples, comprenant notamment des tablettes d’écriture, des qalams (crayons) et des encriers.
Fabrication des instruments d’écriture durant le Premier État saoudien
Lors de l’établissement du Premier État saoudien, les habitants du Najd utilisaient différentes essences d’arbres et de plantes pour se procurer et fabriquer des instruments d’écriture. Dans les grandes villes, ces instruments étaient confectionnés par des menuisiers moyennant une rémunération déterminée. Leur forme et leurs dimensions variaient en fonction de la condition sociale et du niveau de richesse des utilisateurs. Dans les régions plus modestes, le menuisier résident ou itinérant recevait, en échange de son travail, des produits agricoles ou des denrées issues de l’élevage local.
La fabrication des instruments d’écriture nécessitait le respect de précautions spécifiques avant l’abattage du bois. Celui-ci devait être coupé à des périodes précises de l’année, notamment au début de la saison d’al-Wasm (pluies saisonnières) et de la période d’alMurabba’aniyya (froid hivernal). Une coupe effectuée en dehors de ces périodes était considérée comme nuisible, car elle fragilisait le bois et provoquait sa fissuration. Après l’abattage, le bois était débité : les branches étaient sectionnées en gros morceaux, laissés à sécher, puis transportés vers les ateliers de menuiserie. Ils y étaient ensuite façonnés en pièces de différentes dimensions, destinées à la fabrication finale des instruments d’écriture
Tablettes d’écriture durant le Premier État saoudien
Les tablettes d’écriture utilisées durant la période de l’établissement du Premier État saoudien étaient similaires à celles employées dans différentes civilisations humaines. Elles étaient fabriquées en bois par les enseignants, les élèves, leurs tuteurs ou par des menuisiers. Elles s’apparentaient aux tablettes portables utilisées par les élèves pour consigner ce qu’ils apprenaient dans les kuttab (écoles traditionnelles). Dans la région du Najd, certaines localités étaient réputées pour la fabrication et la vente de ces tablettes sur les marchés des menuisiers, où les parents se procuraient les tablettes nécessaires à leurs enfants. Celles-ci étaient confectionnées à partir de bois locaux. Elles ne répondaient pas à des dimensions fixes ou standardisées : leurs mesures variaient généralement entre environ cinquante sur vingt centimètres et trente sur vingt centimètres, avec une épaisseur comprise entre deux et trois centimètres.
La partie supérieure de la tablette comportait un orifice central, soit sous la forme d’un rectangle perforé permettant le passage d’une corde pour la suspendre — forme la plus courante — soit sous la forme d’une poignée. Sa base était droite ou légèrement arquée, afin de permettre de la poser sur les cuisses de l’élève sans empiéter sur la surface d’écriture. Les angles inférieurs étaient façonnés en deux pointes pouvant être plantées dans le sol lorsque l’élève le souhaitait.
Plumes d’écriture durant le Premier État saoudien
À l’époque du Premier État saoudien, les habitants du Najd accordaient une attention particulière aux plumes d’écriture. Ils ne privilégiaient pas un type précis, mais utilisaient plutôt ceux qui étaient disponibles dans l’environnement local. Les plumes étaient généralement fabriquées à partir du roseau (Cladium mariscus), une espèce locale répandue à proximité des puits et des cours d’eau. Certaines localités du Najd, telles qu’Al-Aflaj, al-Sayh et Layla, étaient réputées pour l’abondance de leurs sources d’eau. Plusieurs essences végétales étaient également reconnues pour leur aptitude à la fabrication des plumes, en raison de leur disponibilité, de la rectitude de leurs branches ou de leur facilité d’utilisation. Parmi celles-ci figuraient les rameaux de tamaris, de carthame, de Calligonum comosum, d’acacia et d’Acacia nilotica. Les types de plumes variaient selon le matériau utilisé et l’usage auquel elles étaient destinées, qu’il s’agisse d’écrire sur des tablettes en bois ou sur du papier.
Encriers durant le Premier État saoudien
Les encriers faisaient partie intégrante des instruments d’écriture utilisés durant le Premier État saoudien. Ils étaient ainsi nommés en raison de leur fonction de réceptacle de l’encre. En arabe, ils portaient plusieurs appellations, telles que al-mahaber, al-dawah et al-maqlama, bien que le terme d’ al-mahaber (encrier) fût le plus couramment employé. Les encriers locaux étaient le plus souvent fabriqués en bois de tamaris. De forme rectangulaire et à angles droits, ils comportaient, sur l’un de leurs côtés, une petite cavité circulaire creusée par le menuisier afin d’y déposer l’encre. Le fond de l’encrier était enduit d’une matière isolante destinée à empêcher l’encre de s’infiltrer dans le bois ; cette protection pouvait également prendre la forme d’un petit récipient en céramique ou d’une plaque métallique servant de couche isolante.
À l’arrière de l’encrier, une cavité rectangulaire longitudinale était aménagée pour accueillir les plumes. Cette rainure, appelée porte-plumes, mesurait environ douze centimètres de long, trois centimètres de large et près de quatre centimètres de profondeur. Le couvercle de l’encrier était généralement constitué d’une pièce plate, de forme similaire à celle de la base, souvent réalisée en bois et d’une épaisseur correspondant à celle de l’encrier lui-même.
Sources
– La production des manuscrits au Najd entre le Xe et le XIVe siècle. Abdullah bin Mohammed al-Munif, 2014.
– Outils et matériaux traditionnels utilisés pour l’écriture dans les kuttab du Najd. Abdullah bin Ibrahim al-Omair, 1997.