Armée du Premier État saoudien


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28/01/2026

L’armée du Premier État saoudien se composait de soldats permanents et de volontaires, sur lesquels les dirigeants de l’État s’appuyèrent de 1727 à 1818. Elle fut constituée afin d’organiser les affaires militaires de l’État, de défendre ses territoires, d’étendre son autorité et d’assurer la stabilité et la sécurité.

Organisation et formation de l’armée

Le Premier État saoudien s’appuyait sur le système du nafir (appel aux armes) pour constituer ses forces combattantes. Cet appel pouvait être volontaire ou obligatoire selon les circonstances. À cette époque, l’État ne disposait pas d’une armée permanente et organisée. En période de guerre, l’imam ou son représentant sollicitait un nombre déterminé de combattants auprès des gouverneurs régionaux et des chefs tribaux. Les personnes appelées étaient tenues de répondre à la demande et de se rassembler en un lieu précis, généralement à proximité d’un point d’eau connu. L’imam quittait alors Diriyah, le plus souvent un jeudi ou un lundi, pour rejoindre les troupes rassemblées.   

L’armée comprenait également des volontaires, mais elle reposait sur un noyau de soldats permanents, tels que les gardes personnels du souverain à Diriyah et les forces chargées de la protection des gouverneurs régionaux. Certains combattants servaient pour des durées variables selon les situations, notamment ceux stationnés dans des forteresses proches de villes qui n’étaient pas encore entièrement soumises à l’autorité de l’État.

En préparation à la guerre, chaque région ou tribu devait équiper ses combattants en montures, armes et provisions nécessaires pour la durée du conflit. En cas de conflit prolongé, l’État apportait un soutien logistique supplémentaire.

Stratégies militaires du Premier État saoudien

Les stratégies militaires du Premier État saoudien étaient organisées et reposaient sur plusieurs étapes principales :

Premièrement : lorsque l’armée se trouvait à environ trois jours de marche de l’ennemi, le commandant envoyait des éclaireurs afin de surveiller les mouvements adverses et d’évaluer leurs effectifs et leurs capacités .
Deuxièmement : l’armée établissait son campement avant le coucher du soleil, accomplissait conjointement les prières de midi (dhuhr) et de l’après-midi (asr), puis reprenait sa marche avant le lever du soleil.

Troisièmement : à l’approche de l’ennemi, l’armée accélérait sa progression et s’installait à proximité en vue de lancer une attaque surprise ; aucun feu n’était allumé la nuit précédant l’assaut afin de ne pas révéler la position des troupes.

Qatrièmement : dans les combats en milieu désertique, la prise des hauteurs et le contrôle des points d’eau constituaient des priorités stratégiques essentielles.
Cinquièmement : avant l’engagement, le commandant s’adressait aux combattants pour les exhorter, les mettre en garde contre toute injustice et leur recommander de ne pas se laisser abuser par le seul avantage numérique, afin d’éviter la négligence et la défaite.
Sixièmement : le commandant inspectait ensuite le champ de bataille, mettait en place des embuscades et lançait l’offensive après la prière de l’aube (fajr). À ce moment, les soldats entonnaient le cri « Allahu Akbar » et chargeaient l’ennemi.

L’armée du Premier État saoudien reposait principalement sur le nombre de ses combattants, leur bravoure et leur parfaite maîtrise du combat en milieu désertique, caractérisée par la rapidité des attaques et des replis, ainsi que par l’usage du sabre. Elle s’appuyait moins sur des entraînements militaires structurés ou des organisations militaires élaborées. 

Armes de l’armée du Premier État saoudien

L’armée du Premier État saoudien utilisait, lors de ses batailles et expéditions, un ensemble varié d’armes traditionnelles. Celles-ci comprenaient des fusils à silex, des lances, des flèches, des armes blanches telles que les sabres et les poignards, ainsi que des canons saisis à l’ennemi.  

Butin de guerre au Premier État saoudien

Après la victoire, le commandant de l’armée procédait à la distribution du butin. Le souverain prélevait le cinquième des prises au profit du trésor de l’État, tandis que les quatre cinquièmes restants étaient répartis entre les combattants. Chaque cavalier recevait deux parts, alors que le fantassin en recevait une seule. Une fois la répartition achevée, le souverain ordonnait la dispersion des troupes et leur retour dans leurs régions respectives.

Sécurité au sein du Premier État saoudien

Les dirigeants du Premier État saoudien accordaient une importance primordiale à la sécurité, ce qui contribua de manière significative à son développement. Les chefs tribaux étaient tenus pour responsables du maintien de l’ordre au sein de leurs tribus et de la prévention de toute protection accordée aux criminels.

Les garnisons militaires saoudiennes jouaient un rôle essentiel dans la préservation de la stabilité. Il s’agissait d’une fonction militaire, dont les effectifs étaient renouvelés périodiquement pour des périodes d’environ un an, assuraient l’ordre et la sécurité dans plusieurs centres stratégiques, notamment Diriyah, Hofuf, Qatif, Buraimi, La MecqueMédine et Taïf. En outre, les souverains et les gouverneurs disposaient de gardes personnels chargés de leur protection.

Sources


Histoire du Royaume d’Arabie saoudite, Abdullah al-Othaimin, 2019.
Cours sur l’histoire du Royaume d’Arabie saoudite, Mubarak al-Harbi, 2019.
Cours sur l’histoire du Premier État saoudien, Abdul Fattah Abu Alia, 1991.

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