Relations saoudo-palestiniennes
Les relations saoudo-palestiniennes ont débuté par le soutien du Royaume d’Arabie saoudite au peuple palestinien lors du déclenchement de la Grande Révolte palestinienne en 1936, en refus de l’occupation israélienne. Ce soutien s’est poursuivi à travers les positions adoptées par les rois d’Arabie saoudite en faveur de la question palestinienne, depuis le règne du roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saud jusqu’à celui du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le roi Salman ben Abdulaziz Al Saud, qui a annoncé la création de la coalition internationale en faveur de la mise en œuvre de la solution à deux États, coalition dans le cadre de laquelle les efforts saoudiens ont contribué à accroître la reconnaissance internationale de l’État de Palestine.
Histoire du soutien politique saoudien à la question palestinienne
Le soutien à la question palestinienne a commencé sous le règne du fondate،ur, le roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saud. Le Royaume envoya alors des membres de son armée pour participer, aux côtés des forces arabes, à la guerre de 1948 en défense de la Palestine. Le roi Abdelaziz chargea également son fils, le prince Fayçal — alors ministre des Affaires étrangères et futur roi — de conduire une délégation à la Conférence de Londres, convoquée par la Grande-Bretagne pour examiner la question palestinienne. Cette conférence se tint le 6 février 1939, et le prince Fayçal y prononça une déclaration affirmant clairement et fermement le soutien du Royaume à l’État palestinien, une déclaration contenant des arguments établissant le droit des Arabes sur la Palestine . Le roi Saud ben Abdulaziz Al Saud, alors prince héritier, se rendit en Palestine en 1935. Après son accession au trône, il continua d’apporter son soutien aux Palestiniens sur les plans politique et moral, en aidant les familles touchées et en leur offrant des possibilités d’emploi et de résidence .
Sous le règne du roi Fayçal ben Abdulaziz Al Saud, le soutien à la question palestinienne se renforça sur la scène arabe. Il figura l’un des principaux défenseurs de la tenue du premier Sommet islamique à Rabat en 1969, immédiatement après l’incendie de la mosquée Al-Aqsa. Il y prit part et réaffirma que la question palestinienne constitue la cause de l’ensemble des musulmans. À travers ses contacts internationaux, il souligna également la nécessité de protéger Al-Quds et de préserver les droits de ses habitants.
Sous le règne du roi Khalid ben Abdulaziz Al Saud, l’Arabie Saoudite poursuivit son soutien arabe et islamique à la question palestinienne.Le roi Khalid chargea le ministre des Affaires étrangères d’une mission urgente visant à rencontrer les dirigeants de plusieurs pays afin de mettre un terme à l’agression israélienne contre le Liban, qui visait les Palestiniens présents sur son territoire.Al-Qods demeura au cœur de la position saoudienne concernant la question palestinienne. Dans ce cadre, il s’efforça de convaincre la plupart des États entretenant des relations avec l’occupation israélienne de ne pas transférer leurs ambassades de Tel-Aviv vers Al-Qods après l’annonce par Israël de son intention d’en faire sa capitale.
Sous le règne du roi Fahd ben Abdulaziz Al Saud, une initiative de paix fut présentée en 1981. Elle devint par la suite, lors du Sommet de Fès au Maroc en 1982, le Plan de paix arabe, établi selon des cadres réalistes fondés sur les résolutions de la légitimité internationale. Le roi Fahd veilla également à soutenir la question palestinienne dans les médias saoudiens et arabes, et ordonna d’apporter un appui financier, humanitaire et de secours par les canaux officiels et populaires. Le sommet arabe extraordinaire se tint au Caire en 2000, où le Royaume d’Arabie saoudite proposa — à l’initiative du roi Abdullah ben Abdulaziz Al Saud, alors prince héritier — la création des deux fonds « Intifada Al-Qods » et « Al-Aqsa », d’une valeur d’environ un milliard de dollars. L’Arabie saoudite s’engagea à en fournir le quart, en plus du financement de projets humanitaires. Lors du Sommet arabe de Beyrouth en 2002, l’Arabie saoudite présenta également « l’Initiative arabe de paix », qui prévoyait le retrait total des territoires arabes depuis 1967, l’établissement d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, en contrepartie de relations normales entre les États arabes et Israël.
Sous le règne du roi Abdullah ben Abdulaziz Al Saud, l’Accord historique de La Mecque fut conclu en 2007 entre les dirigeants des mouvements palestiniens Fatah et Hamas, afin d’unifier leurs positions et d’établir les bases de la formation d’un gouvernement palestinien d’unité nationale.
Sous le règne du Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le roi Salman ben Abdulaziz Al Saud, la position saoudienne en soutien à la question palestinienne demeura constante. Le 29ᵉ Sommet arabe, accueilli par l’Arabie saoudite à Dhahran en 2018, désigné « Sommet d’alQods», où le Royaume réaffirma son engagement à poursuivre le soutien politique et économique au peuple palestinien. L’Arabie saoudite annonça également une contribution d’environ 150 millions de dollars pour soutenir les waqfs islamiques d’Al-Qods, et 50 millions de dollars à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).
Question palestinienne sous le règne du roi Salman
Dans le cadre des efforts du roi Salman ben Abdulaziz Al Saud en soutien à la question palestinienne, le prince Fayçal ben Farhan ben Abdullah, ministre saoudien des Affaires étrangères, annonça au nom des États arabes et islamiques ainsi que de plusieurs partenaires internationaux le lancement de la « Coalition internationale pour la mise en œuvre de la solution à deux États », le 27 septembre 2024, en marge de la 79ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Il invita alors les États participants à reconnaître l’État de Palestine et à rejoindre le consensus international, qui regroupait déjà 149 pays l’ayant reconnu officiellement. Le 28 septembre 2024, lors d’une session du Conseil de sécurité consacrée à la question palestinienne, l’Arabie saoudite renouvela son appel à un soutien international à la solution à deux États.
Le 29 septembre 2024, l’Arabie saoudite salua la décision de l’Assemblée générale des Nations unies reconnaissant que l’État de Palestine est qualifié pour une adhésion pleine et entière à l’Organisation. Elle accueillit également favorablement les décisions de plusieurs États européens de reconnaître l’État de Palestine, ce qui constitue un appui important au processus international visant à établir un État palestinien indépendant. Le 30 octobre 2024, l’Arabie saoudite accueillit la première réunion de la coalition, formée en coopération avec ses partenaires, au cours de laquelle elle souligna la nécessité de mettre fin à l’escalade israélienne, d’activer les mécanismes internationaux de responsabilité et d’avancer vers des mesures concrètes, selon un calendrier défini, en vue de l’établissement de l’État palestinien.
En avril et mai 2025, l’Arabie saoudite présida conjointement avec la France les réunions préparatoires d’une conférence internationale sur le règlement pacifique, tenues au siège des Nations unies. Des groupes de travail spécialisés furent constitués afin de définir des résultats concrets concernant les questions de sécurité, de frontières, d’économie, de réfugiés et d’aide humanitaire. En juin 2025, l’Arabie saoudite et la France publièrent une déclaration conjointe avec les représentants de dix-neuf États et organisations, appelant à la désescalade et au respect du droit international. En juillet, la conférence adopta un document final appelant à mettre fin à la guerre à Gaza et à parvenir à une solution durable fondée sur la solution à deux États, tout en lançant des programmes de soutien économique et humanitaire destinés à la reconstruction et au renforcement des capacités des institutions de l’État palestinien.
Le 12 septembre 2025, l’Assemblée générale des Nations unies adopta, à une majorité de 142 voix, la Déclaration de New York sur le règlement pacifique de la question palestinienne et la mise en œuvre de la solution à deux États. L’Arabie saoudite accueillit favorablement cette décision, qu’elle considéra comme une confirmation du soutien international au droit de la Palestine d’établir son État sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.Le 10 septembre 2025, le prince héritier et président du Conseil des ministres, Son Altesse Royale le prince Mohammed ben Salman ben Abdulaziz Al Saud, salua cette initiative lors de l’ouverture de la session du Conseil de la Choura. Il affirma que l’Initiative arabe de paix était devenue un cadre international pour l’établissement de l’État palestinien, et souligna le succès des efforts saoudiens qui ont contribué à accroître la reconnaissance internationale de la Palestine et à mobiliser un large soutien lors de la conférence de New York.L’Arabie saoudite réaffirma que la solution à deux États constitue le fondement de la stabilité, appelant les pays à rejoindre la coalition internationale chargée de sa mise en œuvre, et confirmant son engagement constant à soutenir le peuple palestinien et à promouvoir une paix juste dans la région.
Aides saoudiennes au développement pour la Palestine
Le Royaume d’Arabie saoudite a apporté à la Palestine des aides humanitaires, de développement et de bienfaisance d’une valeur de plus de 20 milliards de riyals. Au total, 307 projets ont été mis en œuvre, couvrant de nombreux secteurs, parmi lesquels le soutien budgétaire, l’hébergement, les articles non alimentaires, le relèvement précoce, la santé, la sécurité alimentaire et agricole, ainsi que l’éducation.
Soutien du Royaume à la Palestine aux niveaux arabe, islamique et international
L’Arabie saoudite a continué de jouer un rôle essentiel dans le renforcement de la cause palestinienne aux niveaux arabe, islamique et international, en la plaçant au centre de nombreuses initiatives et rencontres. Lors de l’ouverture du 29ᵉ Sommet arabe ordinaire, tenu à Dhahran le 15 avril 2018, le roi Salman ben Abdulaziz Al Saud, le Serviteur des Deux Saintes Mosquées، annonça que le sommet serait appelé « Sommet d’Al-Qods », déclarant : " Que nul, de près ou de loin, n’ignore que la Palestine et son peuple sont au cœur des Arabes et des musulmans".
Le 25 juin 2018, l’Arabie saoudite affirma sa position devant le Conseil de sécurité des Nations unies, lors du débat ouvert consacré à « la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ». Dans le cadre de la présidence saoudienne du Sommet arabe d’Al-Qods, elle souligna que la paix fondée sur la solution à deux États, conformément aux références internationales et à l’Initiative arabe de paix, constitue un choix stratégique.Elle précisa que cette approche est essentielle pour parvenir à une solution globale et juste à la question palestinienne et pour mettre fin au conflit arabo-israélien.
Le 10 juillet 2018, le Royaume d’Arabie saoudite présida la deuxième séance des réunions de la huitième session du Forum de coopération arabo-chinois, tenue à Pékin.Dans l’allocution prononcée au nom de la partie arabe, il fut souligné que « la cause palestinienne est la première cause des Arabes et des musulmans, et nous ne cesserons jamais de la soutenir ni de soutenir la résilience du peuple palestinien ».
Dans le cadre de sa présidence du sommet, l’Arabie saoudite poursuivit ses efforts en faveur de la question palestinienne. Le 26 juillet 2018, elle condamna fermement les violations israéliennes persistantes dans les territoires palestiniens. Elle affirma son rejet catégorique de toutes les politiques, pratiques et plans israéliens illégitimes et illégaux.Elle dénonça également les tentatives de l’occupation israélienne visant à consacrer l’apartheid et à effacer l’identité nationale du peuple palestinien.
Lors de la réunion de l’Organisation de la coopération islamique tenue le 29 septembre 2018, l’Arabie saoudite réaffirma le rôle central de la question palestinienne pour la nation arabe et islamique, ainsi que l’identité arabe et islamique d’Al-Qods. Elle réaffirma également le droit de l’État de Palestine à exercer sa souveraineté sur l’ensemble des territoires palestiniens occupés en 1967, y compris Al-Qods.
Le 15 novembre 2018, l’Arabie saoudite réaffirma de nouveau son soutien au peuple palestinien pour obtenir ses droits historiques légitimes, lors de la réunion extraordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau des délégués permanents, tenue au Caire pour examiner l’agression militaire israélienne contre la bande de Gaza.Le 6 mars 2019, le Royaume affirma dans son allocution devant la 151ᵉ session du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel, tenue au siège du Secrétariat général de la Ligue arabe, que la cause palestinienne demeure à la tête des priorités de l’action arabe commune.Elle souligna qu’elle constitue le cœur des préoccupations arabes et réaffirma le droit du peuple palestinien d’établir son État indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Les efforts de l’Arabie saoudite en soutien au peuple palestinien se sont poursuivis dans toutes les instances auxquelles elle participe. Le 30 avril 2020, lors de la réunion extraordinaire du Conseil de la Ligue des États arabes, l’Arabie saoudite réaffirma que la question palestinienne a toujours été, et demeure, la cause centrale des Arabes et des musulmans. Elle souligna également qu’elle constitue, depuis la fondation du Royaume par le roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saud, la priorité majeure de sa politique étrangère.