Observation du croissant lunaire en Arabie Saoudite


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01/03/2026

L’observation du croissant lunaire en Arabie saoudite consiste à examiner et à suivre le début des mois hégiriens dans le Royaume selon le calendrier lunaire. La Cour suprême supervise ce processus et assure la fiabilité de l’observation grâce à un certain nombre de garanties, notamment les critères médicaux d’évaluation de l’acuité visuelle des observateurs de la lune. Le Royaume se fonde à la fois sur la perception visuelle et sur les observations astronomiques dans les lieux adéquats et à une période bien spécifique pour observer la lune, à savoir après le coucher du soleil, le 29ᵉ jour du mois dans le calendrier lunaire.

Mécanisme d’observation du croissant lunaire en Arabie saoudite

La Cour suprême mandate des juges sur les sites d’observation, répartis dans divers observatoires du Royaume. Ces juges opèrent sous la supervision de la Cité Roi Abdulaziz pour la science et la technologie (KACST), en collaboration avec des spécialistes en astronomie et en observation du croissant lunaire. Le choix de ces sites d’observation repose sur plusieurs critères permettant de garantir la précision des observations.

Le Royaume accorde une importance particulière à l’observation du croissant lunaire, en raison de son lien avec les rites religieux musulmans. Cette responsabilité incombe à la Cour suprême, qui garantit la fiabilité des observations en imposant plusieurs critères, notamment médicaux. Les observateurs de la lune subissent un examen rigoureux, comprenant un test médical de leur acuité visuelle. Leurs dossiers sont ensuite transmis au comité permanent de supervision de l’observation du croissant de lune, au sein du ministère de la Justice, un comité approuvé par décret royal et dont les activités sont supervisées par le ministre de la Justice.

L’observation s’effectue après le coucher du soleil, le 29ᵉ jour du mois hégirien. Si le croissant de lune est aperçu après le coucher du soleil le 29 jour, ne serait-ce qu’une minute, le mois est alors raccourci à 29 jours. Dans ce cas, la nuit même est considérée comme le début du mois suivant.

Critères de sélection des sites d’observation

La KACST a mis en place des observatoires dans plusieurs provinces du Royaume. Certains sont fixes, comme celui d’Oumm al-Qura à La Mecque, ainsi que ceux d’Al-Wajh et de Halat Ammar à Tabuk. D’autres sont mobiles, comme ceux de Sudayr, Tumair et Shaqra à Riyad, en plus de ceux situés à Al-Qassim, Dammam, Médine et Haïl. Le choix des sites de ces observatoires est fondé sur des critères géographiques, scientifiques et astronomiques, visant à faciliter l’observation et à assurer la précision des observations du croissant lunaire.

Des juges sont mandatés pour accompagner les observateurs sur ces sites, sous la supervision de la KACST, en présence de spécialistes de l’observation du croissant lunairee, de professionnels titulaires d’un doctorat en astronomie et de représentants d’organismes gouvernementaux. Le choix des emplacements de ces observatoires est fait avec le plus grand soin.

Équipements utilisés dans les observatoires

Les observatoires astronomiques de la KACST utilisent des appareils équipés de technologies modernes, des télescopes, des jumelles (CCD) et des caméras thermiques. Ils collaborent avec le Centre astronomique de l’Université de Majmaah à Hawtat Sudayr et avec l’observatoire moderne des Tours de l’Horloge à La Mecque pour surveiller le croissant lunaire. Ces observatoires sont reliés à la Cour suprême par un système de diffusion vidéo en direct pendant la session d’observation. Parallèlement, une équipe spécialisée rédige des rapports sur la situation de la lune.

La Cour suprême suit dès le début la phase technique de l’observation, tout en s’appuyant sur des rapports astronomiques et mathématiques fournis par des organismes officiels. Ces rapports portent sur la nouvelle lune, les heures de coucher du soleil et de la lune, le lever de la lune, la position de la lune et les conditions météorologiques dans chaque zone de surveillance, afin d’évaluer les possibilités d’observation. Aucun témoignage d’observateur n’est validé avant d’avoir été examiné par le comité permanent de supervision de l’observation du croissant au sein du Ministère de la Justice pour en vérifier l’exactitude avant l’annonce officielle.

Histoire de l’observation du croissant de lune en Arabie Saoudite

L’organisation du premier calendrier officiel du Royaume remonte au règne du Roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, lorsqu’il a ordonné l’impression des livres Calendrier des heures d’observation au Najd et Calendrier des heures d’observation dans le Royaume. Ces deux ouvrages constituent les premières bases du calendrier du Royaume. Ils ont été intégrés au Calendrier d’Oumm al-Qura, dont la première édition date de 1927.

Sous le règne du Roi Abdelaziz, le Cheikh Mohammed Abdul Razzaq Hamza, alors enseignant à la Grande Mosquée, a proposé de créer un observatoire astronomique au sommet de la montagne d’Abu Qubays, à La Mecque, afin d’utiliser son équipement pour vérifier l’observation des croissants de lune pendant les mois de Ramadan et de Dhou al-Hijja. Sa demande fut présentée au Roi Saoud Ben Abdelaziz Al Saoud, alors prince héritier Le 29 juillet 1948, le Roi Saoud a ordonné au ministère des Finances la construction d’une salle spéciale pour l’observatoire au sommet de la montagne d’Abu Qubays, marquant ainsi la création du premier observatoire astronomique à La Mecque. Le roi Saoud lui a également offert des instruments d’observation astronomique. Ces instruments comprenaient un théodolite pour mesurer les angles des corps célestes horizontalement et verticalement, une lunette astronomique et une montre chronomètre utilisée sur les navires et installée dans deux boîtes en bois pour éviter les effets des mouvements et des vibrations. Il y ajouta un baromètre pour mesurer l’altitude des reliefs naturels comme les montagnes, les déserts et les plateaux au-dessus du niveau de la mer, et un sextant, instrument employé à bord des navires pour mesurer avec précision, en degrés, minutes et secondes, l’angle entre l’horizon et les corps célestes tels que les planètes, les étoiles, le soleil et la lune.

Plusieurs passionnés d’astronomie ont émergé parmi les étudiants en sciences de la charia sous le règne du Roi Abdelaziz, notamment le Cheikh Hamad Bin Rumaih, qui a voyagé dans de nombreux pays pour approfondir ses connaissances et qui excellait dans les sciences de la charia, la langue arabe et l’astronomie. Il devint d’ailleurs une référence dans ce domaine pour les habitants du Najd. On compte également le Cheikh Abdullah al-Khulaifi, auteur d’un manuscrit sur l’astronomie, et le Cheikh Saleh Bin Sahman, auteur du livre The Innovative, Clear, and Comprehensive Calendar (Calendrier innovant, clair et complet).

En 1983, le Conseil des grands oulémas a autorisé l’utilisation des observatoires astronomiques et a précisé la différence entre le mois lunaire selon les savants islamiques et le mois lunaire selon les mathématiciens. Cette étude a été publiée dans le volume de recherche du Conseil en 2013. De plus, en décembre 1997, le Conseil des ministres a publié un règlement officiel concernant l’observation du croissant de lune pour déterminer le début des mois lunaires.

Observatoire astronomique de l’Université de Majmaah

Il est situé dans le centre de Hawtat Sudayr, rattaché au gouvernorat d’al-Majma’ah, dans la province de Riyad. Il est issu de la création d’un comité scientifique spécialisé, chargé de concevoir une vision globale pour l’observatoire, en tenant compte à la fois des aspects scientifiques, administratifs et techniques, mais aussi des tendances observées dans d’autres observatoires astronomiques, tant au niveau local qu’international. L’équipement de l’observatoire comprend un télescope réfracteur avec un dispositif à transfert de charges (CCD) pour observer les corps célestes, ainsi que deux planétariums diffusant des films d’astronomie en arabe et en anglais.

Observatoire astronomique de Tumair

Il est situé au centre de Tumair, dans le gouvernorat d’al-Majma’ah, province de Riyad. Le transfert de l’ancien au nouvel observatoire a été effectué en 2015, sous la supervision de la municipalité de Tumair. Ce nouvel observatoire, situé à l’ouest, est entouré de zones rocheuses, dépourvues de saleté et de poussières. Il se trouve à 658 m au-dessus du niveau de la mer.

Sources


Agence de presse saoudienne (SPA)

Observatoire astronomique de l'Université de Majmaah

Fondation du Roi Abdelaziz pour la recherche et les archives (Darah).

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