Manuscrits à Najd
Les manuscrits dans la région de Najd étaient des supports scientifiques utilisés dans la région de Najd pendant les périodes du premier et du deuxième État saoudien. Ils constituaient l'un des piliers du mouvement scientifique florissant de l'époque, incitant ainsi les savants, les lecteurs et les copistes de Najd à exploiter le manuscrit comme moyen de préservation et de transmission du savoir.
L'importance des manuscrits à Najd
Au cours du Premier et du Deuxième État saoudien, les habitants de Najd ont pris conscience de l’importance et de la valeur des manuscrits. Cela a conduit à un usage structuré de ceux-ci, notamment pour documenter les événements de la société, consigner les évolutions et préserver les productions savantes. La valeur accordée aux manuscrits était telle que le papier, appelé « qirtas », constituait un présent précieux échangé entre les étudiants en quête de savoir. Certains savants et étudiants profitaient des saisons du Hadj et des expéditions commerciales pour acquérir du papier, souvent importé du Hedjaz ou de la péninsule Arabique orientale. Les dirigeants de l’État jouaient également un rôle dans la facilitation de l’accès au papier, en l’achetant puis en le distribuant aux étudiants en quête de savoir.
Types de manuscrits à Najd
Les manuscrits écrits et copiés par les habitants de Najd couvraient plusieurs disciplines scientifiques, notamment :
Manuscrits de jurisprudence, de hadith, d’exégèse et de théologie : Ces disciplines représentaient la majorité des manuscrits à Najd. Parmi leurs auteurs figurent Ahmed ibn Yahya ibn Atwah, Ahmed al-Manqour et Muhammad ibn Abd al-Wahhab.
Manuscrits d’histoire : L’écriture historique à Najd avait une importance particulière. Les historiens y adoptaient la méthode annalistique (hawliyyat), basée sur une chronologie précise des événements par année. Leurs œuvres ne se limitaient pas à la région de Najd, mais couvraient aussi les régions voisines, comme l'Ahsa, le Hedjaz, l’Irak et l’Égypte.
Manuscrits sur la biographie et la critique des narrateurs : La science des hommes (Ilm al-Rijal) et des biographies (Tabaqat) était un domaine d’étude important à Najd. Parmi ses auteurs : Muhammad ibn Abdullah ibn Humayd et Ibrahim ibn Issa.
Manuscrits d’astronomie : Les habitants de Najd s’intéressaient à l’astronomie, car elle leur permettait de déterminer les horaires de prière, l’entrée et la sortie des mois lunaires, ainsi que de s’orienter dans le désert. Parmi les auteurs notables dans ce domaine : Othman ibn Bishr et Salih ibn Othman al-Qadi.
Manuscrits de médecine : les habitants du Najd accordaient une attention particulière à la médecine et ont copié et transcrit de nombreux manuscrits dans ce domaine, en raison de leur besoin pour le traitement des malades et face aux épidémies qui se propageaient de temps à autre.
Manuscrits de mathématiques: il s’agit d’une science connue des habitants de Najd dans des limites restreintes, se limitant à l’apprentissage des quatre opérations (addition, soustraction, multiplication et division). Toutefois, certains l’ont apprise et maîtrisée pour en tirer profit dans leur vie quotidienne. Elle a également été utile aux personnes travaillant dans le commerce, la vente et l’achat. Parmi les auteurs dans ce domaine figure Abdulaziz bin Mohammed bin Turki.
Manuscrits de langue: La langue arabe bénéficiait d’une attention particulière de la part des savants de Najd. Parmi les auteurs ayant contribué à ce domaine : Othman ibn Qa’id et Salih al-Sayegh, qui ont rédigé des commentaires sur des œuvres de référence, comme Qatr al-Nada wa Ball al-Sada et Al-Ajrumiyya.
Méthodes de transmission des manuscrits à Najd
Les savants et étudiants de Najd utilisaient différentes méthodes pour échanger et diffuser les manuscrits, notamment :
La copie (Naskh) : Il s’agissait de la retranscription des manuscrits, effectuée soit en échange d’une rémunération, soit bénévolement, soit sur demande d’un savant. Ce dernier pouvait exiger la copie d’ouvrages majeurs en jurisprudence, en hadith ou en exégèse. Certaines familles, soucieuses du savoir, engageaient plusieurs copistes pour fournir des copies aux étudiants.
L’écriture sur commande (Istiktab) : Il s’agissait d’un type de copie commandé par un savant, un imam ou un commerçant, et réalisé par des copistes professionnels contre rémunération. Certains manuscrits de Najd portaient une mention précisant qu’ils avaient été copiés sur commande, avec le nom du copiste.
Achat et vente : Il n’existait pas de marchés spécialisés dans la vente de manuscrits à Najd, mais ils étaient échangés lors de voyages commerciaux vers les régions voisines de la péninsule arabique. Après la mort d’un savant, ses livres étaient parfois vendus, et les étudiants en quête de savoir se précipitaient pour les acquérir, en particulier s’ils avaient appartenu à un érudit reconnu.
Don et échange : Certains savants de Najd avaient pour habitude d’offrir des manuscrits en cadeau à d’autres érudits, y compris à ceux vivant hors de Najd.
Héritage : Certains savants léguaient leurs manuscrits à leurs enfants ou à d’autres érudits capables d’en reconnaître la valeur. Cependant, certains manuscrits hérités étaient ensuite vendus et exportés hors de Najd.
Al-Waraqah à Najd
Le terme waraqah (copie de livres) était connu parmi les savants et les étudiants en quête de savoir dans Najd durant les périodes du Premier et du Deuxième État saoudien. Il désignait la copie de livres et de manuscrits, et la personne exerçant cette activité était appelée warraq (scribe ou copiste). Cette activité était généralement pratiquée par des étudiants passionnés, des savants ou des personnes dotées d’une belle écriture. Un savant aisé pouvait également employer un groupe de copistes pour reproduire les ouvrages nécessaires à son usage et à celui de ses étudiants.
Parmi les copistes connus à Najd figurent Abdulrahman bin Mohammed Al-Suhaimi, dont des exemplaires manuscrits du Coran datant de 1750 ont été retrouvés ; Mohammed bin Mubarak Al Mubarak, décédé en 1820, qui a copié plus d’un exemplaire du Coran ; l’historien Mohammed bin Abdullah bin Yusuf, connu pour la copie de livres et de documents ; Sulaiman bin Abdullah bin Mohammed bin Abdulwahhab ; ainsi que Hamad bin Mohammed bin Nasser Laaboun, décédé en 1844.
Sources
La fabrication des manuscrits à Najd entre le milieu du Xe et du XIVe siècle de l'Hégire
Abdullah bin Muhammad Al-Munif, 2014