Le roman Le Collier de la colombe
Le Collier de la colombe est un roman saoudien de Raja Alem, publié en 2010. Il a remporté ex æquo le Prix international de la fiction arabe, dit « Booker arabe », lors de sa quatrième édition en 2011. Il est ainsi devenu le deuxième roman saoudien à recevoir cette distinction. Le roman décrit différents aspects de la vie sociale à La Mecque et a été traduit en cinq langues : allemand, anglais, italien, polonais et français.
À propos du roman Le Collier de la colombe
Le Collier de la colombe adopte une narration polyphonique et entremêle plusieurs récits dans lesquels se croisent différents lieux et temporalités, ainsi que des univers réalistes et surréalistes. Les voix narratives alternent entre les personnages et les différents niveaux du récit. Celui-ci s’ouvre sur un narrateur inhabituel qui se présente sous le nom d’« Abu Al-Ru’ous », alors qu’il s’agit en réalité d’une ruelle étroite située dans un quartier pauvre. La narration passe ensuite à différents personnages et plonge avec précision dans l’univers intime d’un quartier délabré et défavorisé de La Mecque, habité par une population modeste et peu instruite.
Contenu du roman Le Collier de la colombe
Le Collier de la colombe peut être considéré comme une forme de roman épistolaire, puisqu’il intègre un ensemble de lettres rédigées antérieurement. Celles-ci sont directement liées à l’intrigue principale, sans que l’on sache clairement si elles ont été écrites par la victime ou par d’autres personnages. Elles constituent des récits internes qui contribuent à rompre la linéarité temporelle du roman.
Le roman comprend également une série de textes dans lesquels Youssef, le seul habitant instruit du quartier, exprime son désarroi face à la disparition de l’identité, des repères et de la dimension spirituelle des quartiers de La Mecque, qu’il attribue à l’avidité de certains hommes d’affaires et à leur appropriation illégale de terrains dans la ville.
L’autrice intègre également au récit des éléments issus du folklore légendaire, notamment à travers des personnages mythiques tels que le « cheikh yéménite », venu du Yémen à la recherche de la « clé », qui constitue l’élément central de l’un des chapitres. Le roman s’achève sur une fin ouverte : chaque récit est interrompu par un autre, sans qu’une conclusion définitive ne soit apportée.
Événements du roman Le Collier de la colombe
L’intrigue du roman Le Collier de la colombe se divise en deux récits presque indépendants par leurs situations et leurs événements, qui finissent par converger à la fin du roman. La première partie est centrée sur une enquête criminelle portant sur le corps sans vie d’une femme retrouvé entre deux murs dans un ancien quartier. Nasser, l’enquêteur chargé de l’affaire, cherche à déterminer les circonstances de sa mort. Au fil des interrogatoires des différents suspects du quartier, le récit se ramifie en plusieurs intrigues secondaires consacrées à leurs histoires respectives. Le roman explore ainsi en profondeur leur passé et différents aspects de leur vie.
La seconde partie du roman est consacrée à Noura, une femme qui vit dans un hôtel luxueux en Espagne. Elle est mariée à un homme d’affaires qui joue un rôle important dans la première partie du récit. Celui-ci se révèle être le propriétaire de l’une des entreprises impliquées dans la démolition de sites historiques à La Mecque. Cette partie du récit plonge davantage dans l’univers du fantastique et du mythe. Le mari de Noura recherche une « clé » qui lui permettrait d’ouvrir les portes du monde et d’accéder au pouvoir absolu. Le récit s’articule également autour d’un « document historique », un texte sacré issu de son ascendance juive, présente au sein d’une tribu saoudienne.