Éducation sous le règne du Roi Abdelaziz


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25/08/2026

L’éducation à l’époque du roi Abdelaziz désigne le processus d’organisation, de développement et d’expansion de l’enseignement dans tout le pays. Initiée en 1925, après l’annexion du Hedjaz par le roi fondateur Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, cette dynamique visait à diffuser le savoir et la connaissance au sein de la société, à sensibiliser les citoyens aux affaires de leur religion et à les préparer à servir leur patrie. Sous son règne, le premier programme scolaire fut mis en œuvre en 1926.

Organisation de l’éducation sous le règne du Roi Abdelaziz

Le roi Abdelaziz accorda une attention particulière à l’enseignement, surtout après l’annexion du Hedjaz, son entrée à La Mecque et l’instauration de la sécurité dans la région. En 1925, il convoqua à La Mecque une réunion éducative rassemblant des savants et des acteurs du monde de l’éducation. De cette rencontre résultèrent plusieurs décisions : discuter des moyens de soutenir et de diffuser l’enseignement, évaluer les services éducatifs afin de les améliorer et de les développer, et créer “la Direction générale de l’enseignement”, chargée de superviser le mouvement éducatif et d’en élargir le champ d’action.

Direction générale de l’enseignement

La Direction générale de l’enseignement fut créée en mars 1926 et marqua le véritable début de l’éducation moderne officielle dans le Royaume d’Arabie saoudite. Elle était structurée en quatre sections principales : l’administration, l’enseignement, l’inspection et les examens. Elle reçut la mission de superviser l’ensemble des écoles et d’en assurer le développement, tandis que son directeur disposait de toutes les prérogatives nécessaires.

La direction mit en place un programme couvrant tous les niveaux scolaires et ouvrit de nouvelles écoles dans l’ensemble du pays, qui était alors divisé en sept régions. Chaque région était placée sous la supervision d’un délégué à l’instruction publique, chargé d’organiser et de suivre son évolution.Le nombre d’écoles atteignit environ 27 établissements, comprenant des primaires, des préparatoires ou les deux à la fois, et accueillant près de 4 418 élèves. À cela s’ajoutait l’Institut scientifique saoudien, qui comptait environ 57 étudiants. La direction travailla également à l’unification et à l’orientation des programmes scolaires afin de les adapter aux conditions du pays. Le premier programme appliqué sous le règne du roi Abdelaziz en 1926 reposait à la fois sur l’enseignement religieux et sur diverses disciplines scientifiques contribuant au service de la patrie.

En 1927, un conseil de l’enseignement, présidé par le directeur de l’enseignement, fut créé. Chargé de superviser le système éducatif au Hedjaz, il fondait son action sur deux principes : 

  1. unifier l’enseignement dans la région et rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuite.
  2. structurer l’enseignement en quatre niveaux : préparatoire, primaire, secondaire et supérieur.

En 1932, les prérogatives de la Direction générale de l’enseignement furent élargies afin d’inclure la supervision de toutes les affaires éducatives en Arabie saoudite, à l’exception de l’enseignement militaire. En 1938, une loi sur l’enseignement fut promulguée, abrogeant les lois précédentes. Elle prévoyait notamment ce qui suit :

  • Le directeur de l’enseignement devint la principale autorité au sein de la Direction.
  • Le Conseil de l’enseignement était composé de deux membres de la Direction de l’enseignement et de six membres nommés par le Vice-Roi parmi les personnes s’intéressant aux affaires éducatives.

Le Conseil était notamment chargé de créer de nouvelles écoles, d’approuver les programmes scolaires, d’envoyer des missions d’études à l’étranger, de superviser les examens de fin d’études dans les écoles publiques et de contrôler les écoles privées.

En 1936, les missions du Conseil de l’enseignement furent modifiées et son rôle fut limité à une fonction consultative sur les questions techniques liées à l’éducation. L’ensemble de ses compétences fut transféré à la Direction de l’enseignement, en raison du chevauchement des responsabilités entre les deux organismes.

Le Roi fondateur Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud veillait à fournir un soutien financier afin de contribuer au développement de l’éducation dans les différentes régions de l’Arabie saoudite. Le budget de la Direction générale de l’enseignement s’élevait à environ 5 670 livres-or en 1926. Avec le développement et l’expansion de l’éducation, il atteignit environ 20 millions de SAR en 1954.

Ministère de l’Éducation

Le Ministère de l’Éducation fut créé par décret royal en 1954 et reçut alors l’ensemble des missions et responsabilités auparavant confiées à la Direction générale de l’enseignement furent. Ses attributions comprenaient la diffusion du savoir dans toutes les régions du Royaume, la lutte contre l’analphabétisme, l’élaboration de la politique éducative et des programmes pédagogiques destinés au développement de l’enseignement, ainsi que d’assurer un nombre suffisant d’enseignants et l’amélioration de leur formation pédagogique. Le ministère mit également en place un plan de préparation et de formation continue des enseignants. Celui-ci reposait sur la création d’écoles préparatoires, d’instituts pédagogiques secondaires et d’instituts du soir pour enseignants, ainsi que sur l’organisation de cours d’été à Taïf destinés aux « enseignants temporaires», contribuant ainsi à leur perfectionnement et à l’encouragement de l’innovation.

Étapes de l’éducation sous le règne du Roi Abdelaziz

La Direction générale de l’enseignement prit en charge environ cinq écoles, toutes situées dans la région du Hedjaz. L’enseignement y était organisé en deux cycles : un cycle préparatoire de trois ans et un cycle primaire de quatre ans. L’admission au cycle primaire était conditionnée par l’obtention du certificat du cycle préparatoire. Sous le règne du Roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, l’enseignement se développa ensuite sous la supervision de la Direction générale de l’enseignement, pour englober plusieurs cycles et spécialités, notamment :  

École primaire

En 1942, la Direction générale de l’enseignement regroupa les cycles préparatoire et primaire en un seul cycle, appelé « cycle primaire », d’une durée de six ans. Son action ne se limita pas à l’ouverture d’écoles dans les villes, mais s’étendit également aux zones rurales et reculées, où des établissements appelés « écoles de village » furent ouverts à partir de 1927.

Les écoles de village suivaient des programmes différents de ceux enseignés dans les villes. Elles comptaient généralement un seul enseignant, ou deux lorsque le nombre d’élèves dépassait trente. La durée des études y était d’environ quatre ans. En 1956, le système des écoles de village fut supprimé et les programmes scolaires furent unifiés pour l’ensemble des élèves en Arabie saoudite.

En 1925, deux écoles primaires, Al-Mansuriyyah et Al-Nasriyyah, furent créées à Médine. L’école primaire Roi Abdelaziz fut créée à La Mecque en 1926. La même année, d’autres écoles furent ouvertes, notamment Al-Saudiyyah, Al-Faisaliyyah et Al-Muhammadiyyah. À Riyad, l’École des Princes commença ses activités en 1937 en tant qu’établissement public réservé aux fils du Roi Abdelaziz. À la fin du règne du Roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, l’enseignement s’était étendu à toutes les régions de l’Arabie saoudite. Le nombre d’écoles primaires atteignait environ 326, accueillant près de 60 000 élèves et employant 1 652 enseignants.  

Enseignement post-primaire

Le premier établissement public d’enseignement post-primaire fut créé à La Mecque en 1926 sous le nom d’« Institut islamique ». En 1928, il fut réorganisé et rouvrit sous le nom d’« Institut scientifique saoudien ». Ses programmes étaient principalement axés sur l’enseignement religieux. La durée des études était de trois ans, précédés d’une année préparatoire avant l’entrée à l’institut. Son principal objectif était de former des enseignants pour le cycle primaire.

En 1947, la durée des études à l’institut fut portée à cinq ans. À l’issue de la troisième année, les étudiants obtenaient un premier certificat correspondant à la section préparatoire. Après la cinquième année, ils obtenaient un second certificat correspondant à la section de formation des enseignants du secondaire. Ils pouvaient ensuite choisir d’exercer la profession d’enseignant ou de poursuivre leurs études dans l’enseignement supérieur.

Parmi les conditions d’admission à l’Institut scientifique saoudien figuraient la connaissance des règles relatives aux actes de culte, la maîtrise des bases de la grammaire arabe ainsi que des connaissances en orthographe, en calcul et en calligraphie. La Direction accordait également à chaque étudiant une allocation mensuelle d’environ deux livres à titre de soutien. Des antennes de l’institut furent ensuite ouvertes à Unaizah et à Médine. En 1935, une section consacrée à la formation des enseignants du secondaire fut ajoutée à l’institut.

Enseignement secondaire

L’ouverture de l’« École de préparation aux missions d’études » en 1936 marqua le début de l’enseignement secondaire moderne à La Mecque. Cet établissement avait pour objectif de préparer les élèves à poursuivre des études universitaires à l’étranger. Les cours débutèrent le 20 mars 1937 et comprenaient une année préparatoire suivie de trois années d’études. Pour y être admis, les candidats devaient être de nationalité saoudienne, être titulaires d’un diplôme de l’Institut scientifique saoudien ou d’un diplôme équivalent, et s’engager à respecter le règlement relatif aux missions d’études.

La durée des études à l’École de préparation aux missions d’études fut ensuite portée à cinq ans, précédés d’une année préparatoire, et l’admission fut également ouverte aux titulaires d’un certificat d’études primaires. Le cursus fut divisé en deux cycles : le premier, appelé « cycle de compétence secondaire », durait trois ans, tandis que le second, le « cycle secondaire », durait deux ans. L’accès à ce dernier nécessitait d’avoir achevé le cycle de compétence secondaire. La durée du cycle secondaire fut ensuite portée à trois ans. Durant les deux premières années, les élèves suivaient un enseignement général, à l’issue duquel ils obtenaient le « certificat de culture générale ». En troisième année, ils pouvaient choisir entre une spécialisation littéraire et une spécialisation scientifique. En 1954, le système fut de nouveau révisé : la spécialisation commença dès la fin de la première année et le certificat de culture générale fut supprimé.

Enseignement industriel et formation technique

La Direction générale de l’enseignement créa l’École d’enseignement industriel à Djeddah en 1949. Pour y être admis, les candidats devaient être titulaires d’un certificat d’études primaires. Par la suite, environ sept autres écoles industrielles furent créées à Djeddah, Riyad, Médine et Dammam. Les élèves de ces établissements bénéficiaient d’une allocation financière comprise entre 150 et 200 SAR.

En 1953, l’École commerciale intermédiaire fut créée à La Mecque afin de préparer ses diplômés à travailler dans les domaines du commerce, de la comptabilité et de l’économie au sein des banques et des entreprises. En 1954, durant les dernières années du règne du Roi fondateur Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, l’École industrielle fut créée à Riyad.

Enseignement du soir (éducation des adultes)

La Direction générale de l’enseignement accorda une attention particulière à l’éducation des adultes en Arabie saoudite en ouvrant une section du soir à l’Institut scientifique saoudien de La Mecque. Celle-ci fut toutefois fermée au bout de trois mois en raison du faible nombre d’inscriptions. La Direction poursuivit ses efforts et ouvrit, en 1932, plusieurs écoles du soir consacrées à l’éducation des adultes à La Mecque, où enseignaient plusieurs diplômés de l’Institut scientifique saoudien. D’autres écoles du soir proposant des enseignements variés furent ensuite ouvertes, notamment l’École du soir pour l’enseignement de l’anglais en 1937, l’École du soir pour le perfectionnement de l’écriture en 1949 et l’École du soir des enseignants en 1950. 

Avec l’arrivée d’apprenants issus de différentes régions de l’Arabie saoudite dans les écoles du soir, la Direction générale de l’enseignement ouvrit des établissements à Djeddah, Médine, La Mecque, Taïf et Al-Ahsa. Rattachés aux écoles primaires, ces établissements suivirent le système du cycle primaire jusqu’en 1953, année où la Direction élabora des programmes et des règlements adaptés aux besoins et aux conditions des apprenants adultes.

Le gouvernement du Roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud permit également aux citoyens qui le souhaitaient de contribuer à l’éducation des adultes et à l’alphabétisation. En 1939, le Conseil de l’enseignement adopta un règlement prévoyant la création d’un comité chargé d’encourager les écoles du soir. Un soutien financier et technique fut ensuite accordé à l’ensemble des écoles privées œuvrant dans le domaine de l’éducation des adultes, notamment les écoles d’Abdullah Al-Qur’awi dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite et l’École privée Al-Najah..

Le soutien de l’État, conjugué aux contributions de la société, favorisa l’essor des initiatives bénévoles en faveur de l’éducation des adultes dans l’ensemble de l’Arabie saoudite. Ces efforts contribuèrent à la mise en place de programmes et de règlements consacrés à l’éducation des adultes et à l’alphabétisation. Le soutien du Roi Abdelaziz ne se limita pas aux villes : des oulémas furent également envoyés auprès des chefs de tribus afin de leur enseigner les principes de la religion ainsi que les bases de la lecture et de l’écriture.

Enseignement privé

Après l’annexion du Hedjaz, le Roi Abdelaziz apporta son soutien aux écoles privées de la région, qu’il encouragea et aida. En 1925, par exemple, il visita l’École privée Al-Falah et lui accorda cent livres, dix moutons et six sacs de riz. Il accorda également à l’École Al-Fakhriyyah cinquante livres, six moutons et quatre sacs de riz. En 1939, les écoles d’Abdullah Al-Qur’awi furent ouvertes dans le sud de l’Arabie saoudite, et le Roi Abdelaziz accorda à une soixantaine d’enseignants des salaires mensuels compris entre 60 et 80 SAR.

Dès sa création en 1926, la Direction générale de l’enseignement fut notamment chargée de superviser, de développer, d’organiser et de soutenir l’enseignement privé. La même année, elle publia une annonce prévoyant la délivrance d’autorisations pour l’ouverture d’écoles privées, ainsi que d’autorisations spécifiques pour les enseignants souhaitant y exercer. Le Roi Abdelaziz accorda également aux écoles privées des subventions d’un montant d’environ 66 000 OTT. En 1947, la Direction publia un règlement spécifique aux écoles privées, qui définissait notamment les conditions de leur création et les règles régissant leur fonctionnement.  

Enseignement supérieur

Sous le règne du Roi Abdelaziz, la Direction générale de l’enseignement accordait des bourses aux diplômés de l’« École de préparation aux missions d’études » souhaitant poursuivre des études supérieures dans des universités arabes, américaines et européennes. Ces étudiants se spécialisaient dans différents domaines, notamment l’ingénierie, la médecine, l’agriculture, les lettres, les sciences et le commerce.

En 1927, la Direction envoya une quarantaine d’étudiants saoudiens en Égypte, puis environ neuf étudiants aux États-Unis en 1951. Par la suite, des missions d’études furent organisées chaque année vers différents pays, notamment l’Égypte, les États-Unis, l’Angleterre, l’Allemagne, la France et la Suisse. Face à la demande croissante d’enseignement supérieur, la Direction générale de l’enseignement créa trois établissements d’enseignement supérieur moderne en Arabie saoudite : la Faculté de charia et d’études islamiques à La Mecque en 1950, suivie de la Faculté de formation des enseignants à La Mecque, puis de la Faculté de charia à Riyad, créée durant la dernière année de la vie du Roi Abdelaziz.

Formation des enseignants

La Direction générale de l’enseignement accorda une attention particulière à la formation et à la préparation des enseignants saoudiens. En 1926, elle ouvrit un établissement post-primaire sous le nom d’« Institut scientifique saoudien », destiné à former et à préparer les enseignants du cycle primaire. Face au besoin croissant d’enseignants saoudiens et à l’incapacité de la Direction à répondre à cette demande, elle fit appel à des citoyens sachant lire et écrire et disposés à exercer le métier d’enseignant. Cette étape de la formation des enseignants fut connue sous le nom d’« enseignants temporaires ». Par la suite, une antenne de l’institut fut ouverte à Unaizah et une autre à Médine. En 1953, l’institut fut renommé « Instituts de formation des enseignants du primaire » et, la même année, la Direction ouvrit trois nouveaux instituts.

Sources


L’éducation sous le règne du Roi Abdelaziz : 1901-1954. Fahd Al-Aklabi. 1999.

L’unification du Royaume d’Arabie saoudite et son impact sur la renaissance scientifique et sociale. Abdullah Al-Huqail. 1997.

Al-Wajiz Fi Sirat Al-Malik Abdulaziz (Brève biographie du Roi Abdelaziz). Khairuddin Al-Zarkali. 1999.
Agence de presse saoudienne (SPA).

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