Éducation dans le Premier État saoudien
L’éducation dans le Premier État saoudien désigne l’approche académique adoptée par cet État entre 1727 et 1818. Elle visait à diffuser le savoir au sein de la société et à renforcer la conscience religieuse de la population.
Rôle des imams dans l’éducation
Les imams du Premier État saoudien ont accordé une attention particulière à l’éducation dès la fondation de l’État. Cette orientation débuta avec l’imam Mohammed ben Saud, qui encouragea les habitants à s’instruire et à approfondir leurs connaissances religieuses. Soucieux de promouvoir l’éducation, il nomma des enseignants dans les régions placées sous son autorité, notamment le cheikh Hamad ben Suwailem, désigné dans l’émirat de Thadiq.
Les souverains qui lui succédèrent poursuivirent cette politique éducative. L’imam Abdulaziz ben Mohammed exhorta les habitants des différentes régions de l’État à rechercher le savoir et délégua des enseignants dans la province d’Al-Qassim afin d’éduquer sa population. Il associa également les juges à la diffusion du savoir en parallèle de leurs fonctions judiciaires. Son attention portée à la nomination, et parfois au remplacement, des juges dans les régions qu’il gouvernait permit aux habitants de bénéficier d’un encadrement éducatif et d’un échange accru de connaissances. Il encourageait les étudiants par des récompenses et des aides financières et faisait preuve de générosité envers les élèves comme envers les juges.
L’imam Saud ben Abdulaziz accorda lui aussi une grande importance à l’éducation. Il récompensait les étudiants et chargeait les responsables locaux d’en assurer le suivi. Il veillait à l’organisation de séances d’étude quotidiennes, certaines se tenant dans les lieux de commerce afin de permettre à un plus grand nombre d’en bénéficier. Il participait lui-même aux échanges avec les savants et nommait des enseignants dans les différentes régions relevant de son autorité pour garantir la diffusion de l’éducation. Ses campagnes militaires étaient accompagnées de savants qui dispensaient des leçons profitables aux combattants.
L’attention portée au mouvement éducatif et à sa diffusion se poursuivit sous le dernier imam du Premier État saoudien, l’imam Abdullah ben Saud, qui suivit la voie tracée par son père.
Rôle du cheikh Mohammed ben Abdulwahhab dans l’éducation au sein du Premier État saoudien
Au cours du Premier État saoudien, l’intérêt du cheikh Mohammed ben Abdulwahhab pour l’éducation et le savoir se manifesta notamment par l’organisation de cercles d’étude et par la rédaction de nombreux ouvrages et épîtres destinés à diffuser, simplifier et rendre accessibles les connaissances aux débutants, aux étudiants et au grand public. Il contribua également à l’enseignement de la lecture et de l’écriture auprès de divers publics. Parmi ses élèves les plus notables figurait l’imam Saud ben Abdulaziz, originaire de Diriyah.
Sources de financement de l’éducation dans le Premier État saoudien
L’expansion du Premier État saoudien s’accompagna d’une augmentation des revenus et d’une amélioration générale de la situation économique. Cette évolution permit à l’État d’allouer des fonds issus du Bayt al-Mal (Trésor public) au profit de l’éducation. Celle-ci bénéficia également des dépenses personnelles engagées par des savants ainsi que des revenus provenant des waqfs (fondations pieuses). Certains documents indiquent que des waqfs consacraient une partie de leurs revenus à l’enseignement, aux écoles ou aux imams des mosquées.
L’État veillait en outre à rendre l’éducation accessible à tous les élèves, celle-ci étant dispensée gratuitement. Les personnes empêchées d’étudier pour des raisons liées à leurs moyens de subsistance étaient parfois amenées à Diriyah, les imams prenant en charge les frais nécessaires à leurs besoins. Des sources mentionnent également que le Diwan accordait des allocations au bénéfice des étudiants.
Niveaux d’éducation dans le Premier État saoudien
L’éducation dans le Premier État saoudien reposait sur deux niveaux. Le premier correspondait à l’enseignement élémentaire, au cours duquel les élèves apprenaient à lire et à écrire et mémorisaient le Noble Coran. Cette étape ne se limitait pas à une durée déterminée, mais dépendait des capacités de mémorisation et d’apprentissage de l’élève ainsi que des ressources de son tuteur pour subvenir aux frais d’éducation. Le second niveau concernait l’enseignement avancé, au sein duquel les élèves étudiaient les sciences religieuses et les sciences profanes. Les élèves admis à ce niveau étaient généralement âgés d’au moins treize ans. Cette étape préparait les étudiants à exercer des fonctions judiciaires, notamment en tant que juges.
Programmes d’éducation dans le Premier État saoudien
Le Premier État saoudien adopta des programmes spécifiques pour l’enseignement primaire. Ceux-ci comprenaient notamment la mémorisation de l’alphabet et la répétition collective des lettres après le maître, leur apprentissage par écrit sur des tablettes dédiées, puis la formation progressive de mots et de phrases. Les élèves apprenaient également les nombres élémentaires et s’exerçaient aux opérations arithmétiques de base, telles que l’addition et la soustraction. L’enseignement avancé portait principalement sur les sciences religieuses, telles que le tafsir (exégèse), le fiqh (jurisprudence islamique) et le tawhid (unicité divine), ainsi que sur d’autres disciplines comme la syntaxe, la morphologie et l’histoire.
Lieux d’éducation dans le Premier État saoudien
Les lieux d’éducation étaient organisés selon le niveau d’enseignement. L’instruction primaire était dispensée dans les Katatib, où les élèves apprenaient les principes de la lecture et de l’écriture. L’enseignement avancé se déroulait sous forme de cercles d’étude organisés dans les mosquées, au palais de l’imam ou dans des lieux publics, tels que les marchés.Par ailleurs, certaines écoles étaient consacrées à l’enseignement des sciences. Quelques-unes étaient construites à proximité du domicile de l’enseignant et comprenaient des espaces d’hébergement destinés aux étudiants venus d’autres régions.
Durée des séances d’enseignement
La durée des séances variait selon le niveau d’enseignement. L’instruction primaire était assurée pendant deux à trois heures le matin et une à deux heures l’après-midi. Les séances d’enseignement avancé, notamment celles auxquelles assistait l’imam Saud ben Abdulaziz, se tenaient entre les prières de Dhuhr et d’Asr. Des séances publiques étaient également organisées après le lever du soleil jusqu’à l’heure du repos de midi, ainsi qu’entre les prières de Maghrib et d’Isha. Les étudiants étrangers hébergés dans les écoles pouvaient bénéficier d’un enseignement à des horaires étendus, recevant l’instruction auprès des proches ou des collaborateurs de leur maître, les écoles étant situées à proximité de sa résidence.
Enseignants dans le Premier État saoudien
L’éducation était assurée par divers enseignants, parmi lesquels figuraient des savants exerçant comme imams de mosquées et organisant des cercles d’étude pour les élèves, des juges contribuant à l’enseignement, ainsi que des étudiants qualifiés aptes à enseigner. Le rôle de l’enseignant ne se limitait pas à l’instruction des élèves.
Il consacrait également une partie de son temps à dispenser des leçons religieuses au public et à répondre aux questions et demandes d’éclaircissements.
Diplômes éducatifs dans le Premier État saoudien
Les diplômes éducatifs étaient répandus à cette époque. Ils prenaient la forme d’autorisations académiques ou de documents attestant la formation de l’étudiant et sa capacité à comprendre les enseignements reçus.
Ces diplômes reflétaient le niveau académique de l’élève et n’étaient accordés qu’aux étudiants ayant démontré une connaissance approfondie. Les savants du Najd délivraient ces autorisations, qui mentionnaient les matières étudiées et maîtrisées par l’étudiant.
Voyages éducatifs dans le Premier État saoudien
Diriyah, capitale du Premier État saoudien, constituait une destination éducative majeure pour des étudiants issus de diverses régions. Ils s’y rendaient afin d’acquérir le savoir. Toutefois, Diriyah n’était pas l’unique destination de ces voyages éducatifs. Certains savants se dirigeaient vers d’autres régions, notamment La Mecque et le Levant, afin d’étudier dans des centres fréquentés par des étudiants venus de différents pays musulmans.
Sources
L’éducation au Najd à l’époque du Premier État saoudien, Nourah Bint Muajab Al-Hamid. L’avenir de l’éducation arabe. Centre arabe pour l’éducation et le développement, 2006.