Artisanats traditionnels dans la province d’Al-Jawf
Les artisanats traditionnels dans la province d’Al-Jawf regroupent l’ensemble des métiers, savoir-faire et productions manuelles pour lesquels cette région du nord de l’Arabie saoudite est réputée. Ces pratiques sont nées de la nécessité de répondre aux besoins quotidiens des habitants en exploitant les matières premières disponibles dans l’environnement naturel de la province. Elles se sont transmises de génération en génération et constituent aujourd’hui un élément essentiel de l’héritage culturel local.
Artisanat du tissage al-sadu
Le tissage al-sadu est un artisanat traditionnel majoritairement pratiqué par les femmes. Il consiste à tisser des fibres de poils, de laine et de poils de chameau afin de produire divers articles : Bayt al-sha'ar (tentes traditionnelles), tapis, couvertures, coussins, accoudoirs, les khuruj (grands sacs servant à conserver le riz), les al-adul (sacs de transport), les mazawid (pochettes destinées à ranger les vêtements), les uqul (cordes utilisées pour attacher les pattes des chameaux), les maqali' et les safaif (ornements pour chevaux et chameaux). S’y ajoutent des vêtements tissés, notamment la abaya d’Al-Jawf (manteau régional), les cartouchières brodées de fils d’argent et les manteaux en laine confectionnés à partir de laine autrefois importée d’Irak.
Les produits du tissage al-sadu sont également utilisés pour décorer les habitations, les espaces de rassemblement traditionnels et les camps. Ils entrent aussi dans la fabrication de sacs féminins ainsi que dans la production d’ornements pour chevaux et chameaux, tels que le rasan (licol) et le shmal (courroie pectorale décorative).
Plusieurs outils sont utilisés dans le tissage al-sadu, notamment le fuseau, le métier à tisser et divers instruments en bois, tels que le minfash (battoir en bois garni de clous utilisé pour séparer les fibres après leur lavage et leur séchage). Cette étape est suivie du filage, qui transforme la laine en fils torsadés avant la poursuite des autres phases du tissage.
Le tissage al-sadu comprend plusieurs étapes : tonte des fibres animales, suivie du tri et du lavage au savon ou à la cendre afin d’éliminer les impuretés. Viennent ensuite le séchage, le filage puis la teinture, réalisée à l’aide de colorants naturels extraits de plantes, d’écorces et de racines . Les couleurs dominantes sont le noir, le blanc, le rouge et le brun. Les pièces tissées sont ensuite ornées de motifs géométriques tels que des rectangles, des cercles et des triangles.En 2020, le tissage al-sadu a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Artisanat du tressage de cordes
l'artisanat du tressage de cordes repose sur l’utilisation de différentes parties du palmier dattier, un arbre largement cultivé dans la province d’Al-Jawf, ce qui en fait l’une des principales régions productrices de palmiers en Arabie saoudite. Divers produits sont réalisés à partir de cordes torsadées, parmi lesquels al-sufrah, un tapis tissé à partir de palmes, et al-hassir, un tapis proche du tapis traditionnel, également fabriqué à partir de palmes. On y trouve aussi al-zanbil, un panier muni de deux poignées destiné au transport d’objets, ainsi que al-matbaqiyah, similaire au zanbil mais doté d’un couvercle pour le stockage. À cela s’ajoutent des cages confectionnées à partir de tiges centrales de palmier débarrassées de leurs folioles sont également utilisées pour le rangement et le transport. Al-milqatah, un panier rond muni d’une poignée en corde torsadée, sert à collecter les dattes fraîches (rutab) et les dattes sèches.
Parmi les autres produits issus de cet artisanat figurent al-mansaf, un plat utilisé pour contenir le blé et le pain, ainsi que des éventails traditionnels autrefois appelés al-mahafah. On trouve également al-majd, un récipient muni de deux poignées dans lequel on place des grappes de dattes (rutab et dattes sèches) attachées par une corde, avant d’être descendues du sommet du palmier jusqu’au sol.
Al-mihbash, fabriqué à partir de troncs de palmier, sert à écraser et moudre les grains.La station des dattes, faite de palmes et de tiges centrales, se présente sous une forme circulaire composée de deux compartiments : un petit destiné aux dattes fraîches et sèches, et un plus grand pour les noyaux. L’ensemble repose sur une base et comprend un panier tressé pour le transport.Les troncs de palmier sont également utilisés comme structures de toiture pour les habitations et comme pièges à oiseaux. Les grappes de palmier séchées sont réemployées comme balais, tandis que al-manshah est utilisée comme répulsif contre les insectes. Al-khass sert de cloison ou de mur, et al-fatiyyah, ressemblant à un grand plateau muni d’un couvercle, existe en plusieurs tailles.
Artisanat de l’extraction du sel
Il s’agit d’un métier ancien pour lequel la ville de Kaf, située dans le gouvernorat d’Al-Qurayyat dans la province d’Al-Jawf, est particulièrement réputée. Cette réputation s’explique par la présence d’un vaste lac salé asséché, d’où le sel était autrefois exporté vers les localités voisines et jusqu’à Bosra, Hauran et Jabal al-Druze, dans le Levant.
Artisanat de la fabrication du savon
Grâce à l’abondance des oliviers dans la province d’Al-Jawf, l’artisanat de la fabrication du savon à base d’huile d’olive s’est développé. Ce type de savon est considéré parmi les plus raffinés, car il est composé d’ingrédients naturels offrant des bienfaits reconnus pour le corps.
Autres artisanats dans la province d’Al-Jawf
La province d’Al-Jawf est également réputée pour plusieurs autres activités artisanales, notamment la construction en terre, la menuiserie, l’apiculture, la production de soie, le tannage et la ferronnerie. S’y ajoutent l’extraction de mélasse de dattes, la préparation du beurre et du fromage, le séchage des fruits, la transformation des graines d’al-samah, ainsi que la fabrication de parfums et de sacs.La province est enfin connue pour la confection de poignards et d’épées, ainsi que pour la fabrication de bijoux.