Artisanat des bijoux en Arabie saoudite


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16/12/2025

La fabrication de bijoux en Arabie saoudite constitue un art traditionnel dont les formes et les styles varient d’une région à l’autre. Chaque région se distingue par des caractéristiques esthétiques propres, reflétant son environnement culturel, social et historique.

Bijoux du sud de l’Arabie saoudite

Dans les régions méridionales de l’Arabie saoudite, les bijoux traditionnels étaient principalement réalisés en argent. Ils se distinguaient par leur grande taille et par un usage limité du sertissage de pierres dans leur ornementation. L’une de leurs caractéristiques les plus marquantes résidait dans l’ajout de fils et de plaques d’argent décoratifs appliqués sur les surfaces extérieures des pièces. Les colliers et autres parures intégraient généralement des perles et des pierres variées, notamment des perles l’agate de feu importées du Yémen, de l’ambre, du corail rouge, ainsi que des perles et éléments en verre ancien aux teintes patinées. 

Bijoux de l’ouest de l’Arabie saoudite

Une distinction nette s’observe entre les bijoux des villes de l’ouest de l’Arabie saoudite — telles que La Mecque, Médine et Djeddah — et ceux des communautés bédouines. Les parures bédouines ont été influencées par les styles du sud du pays, le long des montagnes du Hedjaz vers le nord. Dans les régions septentrionales de l’ouest, des matériaux tels que le cuir et les coquillages ont également été intégrés à la fabrication des bijoux.

Les bijoux des villes de l’ouest ont, par ailleurs, été façonnés par l’accueil annuel de pèlerins à la Grande Mosquée et de visiteurs à la Mosquée du Prophète, issus de diverses régions du monde. Certains d’entre eux apportaient avec eux des objets artisanaux légers et précieux destinés au commerce, notamment des bijoux absents des Lieux saints et des régions avoisinantes. Cette dynamique d’échanges a contribué à la diversité et à l’originalité des bijoux du Hedjaz, qui se distinguent ainsi de ceux des autres régions du pays.

Les villes de l’ouest étaient également réputées pour l’utilisation de l’or blanc (platine), souvent serti de diamants rares. Ces matériaux ornaient des colliers, des bracelets et des bagues, ainsi que d’autres pièces, telles que des broches mobiles fixées aux robes de mariée. Le platine était aussi employé dans la confection de couronnes de mariage et d’accessoires destinés aux mariés, parmi d’autres usages.

Bijoux de l’est et du nord de l’Arabie saoudite

Les bijoux des régions orientales et septentrionales de l’Arabie saoudite présentent de nombreuses similitudes avec ceux de la province de Riyad (région centrale), ainsi qu’avec les parures de certains pays du Golfe arabe, notamment Bahreïn, le Koweït et le Qatar. Ces ressemblances se manifestent tant dans les caractéristiques générales que dans les usages, et parfois même dans les dénominations des bijoux.Cette convergence stylistique et fonctionnelle s’explique par les interactions sociales, ainsi que par les mouvements de population ayant conduit certaines habitants du centre de l’Arabie saoudite à s’installer dans les régions orientales et septentrionales du pays.

Bijoux de la région centrale de l’Arabie saoudite (Najd)

Dans la région centrale de l’Arabie saoudite, le Najd, les styles de bijoux des milieux urbains et des communautés bédouines présentent peu de différences notables. Les colliers de perles y occupaient une place particulièrement importante dans les parures traditionnelles. De manière générale, les bijoux se distinguaient par l’utilisation de la turquoise, connue localement sous les noms de danaq ou sharqi, de l’or pur (arghab), de l’argent, du laiton (safr), ainsi que de l’argent plaqué or. Les perles étaient également employées pour enrichir les ornements, aux côtés de pierres précieuses telles que les rubis et les émeraudes.

Les perles de corail rouge foncé (ra’af), l’ambre aux teintes rouges, jaunes, brun clair et brun foncé, ainsi que l’agate de feu provenant du Yémen figuraient parmi les matériaux utilisés. Ces types de perles étaient couramment employés dans la confection de colliers et de pendentifs.

Ces pierres et gemmes, inexistantes localement, étaient rapportées par des commerçants originaires de la région centrale de l’Arabie saoudite lors de leurs déplacements commerciaux : au Yémen pour l’agate de feu, dans le Golfe arabe et les îles Farasan pour les perles, et en Iran pour la turquoise, particulièrement recherchée pour l’ornementation des bijoux.

L’ouvrage Lama’ al-Shihab, rédigé en 1818, décrit ainsi les femmes du Najd : « Elles étaient parées d’une grande profusion de bijoux, notamment d’or incrusté de pierres précieuses telles que les rubis et d’autres gemmes. Les pierres de turquoise étaient particulièrement prisées, au point que certaines envoyaient des émissaires auprès du roi de Perse pour s’en procurer. »

Le corail était importé d’Égypte, comme le mentionne également Lama’ al-Shihab : « Les habitants du Najd se rendaient en Égypte, mais n’y achetaient que des armes et du corail. » Les turquoises, en particulier celles aux teintes bleues et vertes, étaient très recherchées pour l’ornement des bijoux dans le Najd. Les pierres à surface plate étaient préférées aux pierres convexes. Elles étaient apportées par des marchands qui les vendaient aux bijoutiers, et leur valeur était particulièrement élevée.

Parmi les centres historiques de l’artisanat de la bijouterie dans la région centrale de l’Arabie saoudite figuraient Diriyah, Sudayr, Buraydah, Unaizah, Haïl et Wadi ad-Dawasir. Lama’ al-Shihab précise à ce sujet : « Leur savoir-faire dans les bijoux féminins ne peut être évalué numériquement, tant ils y consacrent d’efforts ; même les plus modestes veillent à ce que leurs femmes possèdent au moins un bijou en or. Quant aux plus aisés, ils cherchent avec empressement à acquérir des pierres précieuses telles que les rubis, les péridots et les turquoises, portées par leurs femmes. »

Sources


-Al Issa, Abbas Mohammed. Les bijoux traditionnels dans le centre de la péninsule Arabique, du XVIIe siècle à la fin du XXe siècle. Bibliothèque publique du Roi Abdulaziz, 2012.
-Al-Raiki, Hassan bin Jamal. Lama’ al-Shihab dans la biographie de Mohammed bin Abdulwahhab. Édition établie par le Dr Ahmed Mustafa Abu Hakima, 1967.
Encyclopédie de la culture traditionnelle en Arabie saoudite.
Journée de la Fondation de l'Arabie Saoudite.

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