Ancienne muraille de Riyad
L’ancienne muraille de Riyad était une enceinte fortifiée qui entourait l’ancienne ville de Riyad. Elle fut construite en 1902 par le Roi fondateur Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, après la reprise de Riyad, puis démolie environ un demi-siècle plus tard. Elle était notamment appelée « Al-Hami » (la protectrice), car elle protégeait les habitants de Riyad, capitale du Royaume d’Arabie saoudite, contre les attaques et les incursions.
Description de l’ancienne muraille de Riyad
L’ancienne muraille de Riyad fut construite en briques de terre crue et en argile pure, laissée à fermenter pendant plusieurs jours afin d’en renforcer la solidité. Sa construction dura entre 40 et 60 jours. Elle comportait plusieurs tours, dont certaines atteignaient 12 m de hauteur.
Lors de sa visite à Riyad en 1917, l’orientaliste John Philby décrivit la ville comme étant entièrement entourée d’une épaisse muraille en briques et en terre séchée, haute de 25 pieds. Celle-ci était ponctuée de fortifications et de tours de guet, pour la plupart circulaires et légèrement inclinées à leur sommet, tandis que quelques-unes étaient de forme carrée ou rectangulaire. Leur hauteur variait entre 30 et 40 pieds et elles dépassaient généralement de l’alignement de la muraille afin de faciliter la défense de la ville. La muraille comportait également plusieurs portes fortifiées.
Portes de l’ancienne muraille de Riyad
L’ancienne muraille de Riyad comportait plusieurs portes, appelées localement « darawiz ». Certaines étaient de grandes portes principales, tandis que d’autres, plus petites et destinées aux piétons, étaient appelées « al-naqb ». Les portes étaient ouvertes après la prière du Fajr jusqu’à celle de l’Isha. La nuit, elles n’étaient ouvertes que pour un émissaire du Roi ou l’un des commandants.
Parmi les principales portes figurait Bab Al-Thumairi, située à l’est de la ville. Son nom est attribué à Hassan Al-Thumairi, un homme originaire de Huraymila qui fut tué près de cette porte lors de l’événement de « Dalqah », à l’époque du premier État saoudien. Selon une autre version, elle aurait pris le nom d’un garde appelé Al-Thumairi qui se tenait devant la porte au début du règne du Roi Abdelaziz. Elle était autrefois connue sous les noms de « Bab Al-Marwah » et de « porte d’Al-Ahsa ».
Bab Al Suwaylim se trouvait au nord de la ville et tirait son nom d’une famille connue sous ce nom, qui résidait à proximité. Bab Dukhnah était située au sud de Riyad et devait son nom à un puits ou à un quartier voisin portant ce nom. Bab Al-Madhbah, également appelée « Al-Badi'ah », se trouvait à l’ouest de la ville. À l’extérieur de cette porte, les bouchers abattaient les chameaux, les bovins et les moutons avant de transporter les carcasses à l’intérieur de la ville. Bab Al-Shumaisi était située au sud-ouest de Riyad et tirait son nom d’un quartier situé hors de la ville auquel elle était reliée. Elle était également appelée « Darwazat Al-Murayqib ».Parmi les portes secondaires figurait Bab Al-Qaryah, aménagée ultérieurement et située à l’est, en face de Bab Al-Thumairi. Bab Manfuhah se trouvait à l’est de Riyad et devait son nom au quartier de Manfuhah sur lequel elle donnait. La porte « Musaddah » était située au sud de la ville. Au nord se trouvait Darwazat Al-Dhahirah, ainsi nommée en référence au quartier voisin.
Reconstruction de l’ancienne muraille de Riyad
L’expansion urbaine entraîna la démolition de l’ancienne muraille de Riyad entre 1950 et 1952. La Commission royale pour la ville de Riyad décida toutefois d’en reconstruire une partie sur les vestiges de l’ancienne muraille orientale, dans la zone située à l’est du complexe commercial de Suwaiqah. Sur les tronçons qui n’ont pas été reconstruits, le tracé de la muraille a été matérialisé sur la chaussée au moyen de pierres d’une couleur différente de celle de l’asphalte.
Des études menées par la Commission royale pour la ville de Riyad permirent de déterminer l’emplacement des portes et des tours, le tracé de l’ancienne muraille ainsi que les matériaux utilisés pour sa construction. Ces éléments furent reconstitués en respectant leur forme et leur caractère d’origine et en utilisant des matériaux de construction traditionnels. Les soubassements des portes furent réalisés en pierre naturelle et leurs murs en briques de terre crue. Des branches de tamaris et des palmes furent également utilisées dans leur aménagement, tandis qu’un enduit de terre renforcé avec de la paille fut appliqué sur les surfaces. Des artisans locaux participèrent à la réalisation de ces éléments.
Sources
Agence de presse saoudienne (SPA).
Commission royale pour la ville de Riyad.
Chaîne Al-Thaqafeyah.